STAYER-FR PALMARES

STAYER-FR PALMARES

CHAMPIONNAT DE FRANCE 1931

Travail réalisé par François Bonnin

Toute reproduction – partielle ou non – de ce travail devra faire l’objet d’une demande spécifique auprès de STAYER FR

 

 

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND 1931

 

Vingt-sept coureurs (et autant d’entraîneurs) se sont inscrits sur la feuille d’engagements ouverte au vélodrome du Parc des Princes pour les éliminatoires du championnat de France de demi-fond avant la clôture fixée au mardi 7 Avril à 17 heures.

La commission sportive de l’U.V.F., dans sa séance du 8 avril, a décidé que les 27 candidats seraient répartis en trois séries éliminatoires.

Les trois premiers de chaque série seront qualifiés pour le championnat.

 Le tirage au sort de l’ordre de départ des séries a été effectué le jeudi 9 Avril à 16 h, à la direction du Parc des Princes par « Jeannot », un jeune spectateur de quatrorze ans, invité parmi le public présent à l’entrainement.

Changement d’entraîneur : dans la première série, Waillez sera entraîné par Arthur Pasquier et non Deliège, comme désigné sur la feuille d’engagements.

 

ELIMINATOIRES - Dimanche 12 avril 1931 – Paris- vélodrome du Parc des Princes

1ère série                                                                                                                      

  1-04 Georges Paillard  

entr. Léon Didier

les 100 km en 1h 23'34"

  2-02 Raymond Beyle

entr.Joseph Paillard

  à  125 mètres

  3-06 Henri Sausin

entr.Victor Philippe

  à  600 m

  4-07 Ernest Catudal

entr.Raymond Massicot

  à   1 tour   100 mètres

  5-09 Henri Waillez

entr.Arthur Pasquier

  à   2 tours

  6-05 Alfred Boucher

entr.A. Vagniez

  à 15 tours

N.C.3 René Maronnier

entr.Henri Saugé

Abandon 60 km

N.C.1 Henri Lemoine

entr. Jean Siterre

Abandon 30 km

N.C.8 Pierre Guyot

entr. …  Roux

Abandon 20 km

La course : Lemoine démarre et s’élance, suivant l’ordre du tirage au sort, devant Beyle, Maronnier, Paillard, Boucher, Sausin, Catudal, Guyot, Waillez.

Sans attendre la pleine cadence de ses adversaires Paillard remonte Maronnier, Beyle et Lemoine, passe premier et lancé à grande allure, il double coup sur coup Guyot, Boucher, Maronnier et Waillez.

Après les 10 km qu’il atteint en 8'21"4/5,Paillard précède Beyle, Sausin et Catudal. Tous les autres sont doublés et certains hors du jeu : Guyot et Boucher perdent deux nouveaux tours,

Maronnier est doublé une seconde fois; seul Lemoine tente de résister énergiquement à Paillard, mais il décolle. Paillard passe les 20 km en 16'16"1/5 ; dans le même tour : Beyle, à 60 mètres ; Sausin, à 200 mètres ; Catudal, à 400 mètres ; à 1 tour : Waillez et Lemoine, séparés de 300 mètres. Guyot abandonne.

Les 30 km en 24'18"2/5 par Paillard. Une crevaison vient ajouter au retard considérable de Maronnier. Paillard couvre 36,950 km dans la demi-heure, talonné par Beyle à cent mètres. Viennent ensuite Sausin à 200 mètres, Catudal à 300 mètres, Waillez à 2 tours, Lemoine à 3 tours, Boucher à 7 tours, et Maronnier à 9 tours. Paillard domine les débats, il passe les 40 km en 32'24"2/5. Lemoine abandonne. La lutte pour les places s’anime: Sausin attaque Beyle mais il décolle ce dont profite Catudal pour démarrer et prendre la troisième place. Paillard abat les 50 km en 40'43"2/5 et les 60 km en 49'19"2/5.

Maronnier qui en était à onze tours de retard vient d’abandonner. Derrière le leader qui semble imbattable, les offensives reprennent. Waillez marche très bien et reprend du terrain, alors que Catudal faiblit et s’incline devant Sausin qui reprend ainsi la 3° place.

72.450 km sont couverts dans l’heure par Paillard, les 80 km en 1h 06'35"4/5. Sausin conserve le 3° rang que voulait lui ravir à nouveau Catudal. Les 90 km en 1h 15'14"3/5. Aucun incident notable n’est à signaler jusqu’à la fin si ce n’est que Paillard et Beyle réussissent à doubler Catudal « in extremis ».

Paillard mit de suite à la raison Maronnier, Beyle et Lemoine qui le précédaient au départ et il ne fut plus approché.

Après lui, Beyle et Sausin se sont appropriés les deux autres places qualificatives de haute lutte. Waillez, néophyte du demi-fond fut pour eux un rude adversaire. Maronnier, qui accumula les tours de retard, Lemoine et Guyot qui se découragèrent sans doute trop tôt abandonnèrent. On soulignera par contre la tenue courageuse et volontaire du vétéran Catudal qui échoue avec les honneurs pour la qualification.

 

 

 

 

2ème série 

  1-09 Robert Grassin

entr. Maurice Jubi

    100 km  en 1h 21'48"4/5

  2-06 Aimé Constant

entr.Henri Demenou

  à   1 tour  300 mètres

  3-01 François Vallée

entr. André Chardon,

  à   5 tours            

  4-08 Achille Souchard

entr. Maurice Ville

  à   9 tours

  5-07 James Aubert

entr. Raymond Massal

  à 15 tours

  6-03 Louis Aubert

entr. Marcel Moreau

  à 18 tours

N.C.4 Henri Bréau

entr.Ernest Pasquier

Abandon, 67 km

N.C.2 Jean Lasbordes

entr. … Borgotti

Abandon, 45 km

N.C.5 Maurice Bonney

entr. …  Colonna

Abandon 35 km

La course : Vallée ouvre la marche devant Lasbordes, Louis Aubert, Bréau, Bonney, Aimé Constant, James Aubert, Souchard et Grassin.

Dès la prise d’entraîneurs, Grassin fournit un vigoureux effort et remonte sept de ses adversaires. Il est donc second derrière Vallée, qui active l’allure mais ne peut éviter l’attaque de Grassin auquel il cède la première place après une vaine résistance. Grassin double Souchard et James Aubert qui ont rétrogradé et passe le cap des dix kilomètres en 8'37"3/5 et les 20 km en 16'32"1/5. Il a alors 100 mètres d’avance sur Vallée.

Tous les autres sont à un tour (Constant à 720 mètres; Bréau à 900 mètres ; Bonney à 1000 mètres, Souchard à 1100 mètres ); à 2 tours (Lasbordes à 1900 mètres; James Aubert à 2000 mètres; Louis Aubert à 2400 mètres). Les 30 km sont couverts en 24'36"1/5 par Grassin qui domine ses rivaux et possède à présent un tour d’avance sur Vallée, son suivant immédiat.

Bonney qui donnait l’impression de faire assez bonne figure abandonne brusquement. 36,380 km sont parcourus par Grassin dans les 30 minutes, les 40 km en 33'40". Le Marseillais Constant fait grosse impression de puissance et de vitesse et il gagne la seconde place sur Vallée avec un grand brio.

Constant prolonge son accélération et tente de se dédoubler sur Grassin mais il a fourni un gros effort et sagement, ralentit son allure. Souchard attaque Vallée et lui ravit la troisième place mais sa moto a des ratés. Ville change d’engin dans un temps record mais son coureur doit rétrocéder la troisième place à Vallée.

Lasbordes a abandonné. Les 50 km en 40'45"1/5 par Grassin qui active l’allure pour empêcher Constant de se dédoubler. Constant demeure dans le sillage de Grassin à 1 tour et 60 mètres ; Vallée est à 1 tour et demi (900 mètres), Souchard à 2 tours (1500 mètres), James Aubert à 6 tours 3/4 (4500 mètres), Bréau à 7 tours (4900 mètres), Louis Aubert à 10 tours (6700 mètres). Grassin passe les 60 km en 48'57"2/5. Bréau déserte la lutte. Grassin passe les caps des 70 km (57'12"2/5) et de l’heure (73,350 km) après avoir évité l’assaut de Constant.

Grassin et Constant que séparent 1 tour et 80 mètres affichent une supériorité manifeste sur Vallée et Souchard qui sont à trois et cinq tours. Les deux Aubert n’ont plus aucune chance de se qualifier. Grassin abat les 80 km en 1h 05'31"2/5 et les 90 km en 1h 10'52"3/5. Les positions demeurent inchangées : Grassin, Constant et Vallée gagnent leur qualification.

Cette deuxième série vit Grassin dominer le lot. Le Marseillais Constant fit une course magnifique. Doublé une fois, il se cramponna dans le sillage de Grassin et ne le quitta plus. Il fut très supérieur aux autres.

Vallée et Souchard firent bonne figure à ses côtés. Souchard, victime de sa moto, malgré les qualités de Maurice Ville qui se montra un entraineur énergique,  méritait un meilleur sort.

 

 

 

 

3ème série

 

  1-07 Charles Lacquehay  

entr.Marcel Besson

  les  100 km en 1h 21'46"3/5

  2-03 Sadi Leport

entr.Jean Thomann

  à   5 tours 100 mètres

  3-05 Aimé Trantoul

entr.Henri Lallier

  à   5 tours 400 mètre

  4-06 Robert Toussaint

entr.Léon Vanderstuyft (BEL)

  à   9 tours

  5-02 René Brossy

entr.Arthur Pasquier

  à 10 tours

N.C.09 Antoine Prieto

entr.Giorgio Colombatto

Abandon 97 km

N.C.01 Alexis Blanc-Garin

entr.Daniel Lavalade

Abandon 87 km

N.C.08 François Urago

entr.Maurice Guérin

Abandon 54 km

N.C.04 Roger Couturier

entr. …  Delaye

Abandon 38 km

La course : Dans l’ordre tiré au sort, partent Blanc-Garin, Brossy, Sadi Leport, Couturier, Trantoul, Toussaint, Lacquehay, Urago et Prieto. Lacquehay, Urago et Trantoul remontent immédiatement Toussaint, Couturier et Sadi Leport partis devant eux. Lacquehay poursuit son effort et dépasse Brossy et Blanc-Garin pour s’emparer de la première place.

Il double peu après Couturier et Trantoul. Prieto, blessé à la selle ne tarde pas à être en difficulté et se fait doubler par tous ses rivaux. Lacquehay abat les 10 km en 08'29"2/5, menant la course devant Blanc-Garin, Brossy, Urago, Leport ; Toussaint, (à 1 tour) ;Trantoul, Couturier et Prieto (à 2 tours). Les 20 km en 16'26"2/5.

La supériorité de Lacquehay est manifeste, il double successivement Sadi Leport, Urago et Brossy. Blanc-Garin offre une résistance acharnée au leader mais il doit également subir le sort commun et se laisser infliger un tour de retard. Lacquehay a désormais un tour d’avance sur Brossy, Urago, Sadi Leport et Trantoul.

Toussaint et Prieto ont perdu trois tours, Couturier quatre tours. Ce dernier abandonne peu avant le trentième km que Lacquehay passe en 24'36"1/5. Urago, victime de deux crevaisons repart courageusement en dernière position, les 40 km en 32'35" par Lacquehay.

Arthur Pasquier voit le guidon de sa moto se briser. Il change de machine et son coureur, Brossy perd du terrain. Lacquehay est maître de la situation avec deux tours d’avance sur ses plus proches rivaux. Derrière lui, on assiste à l’ascension remarquable de Trantoul qui s’est installé au second rang au détriment d’Alexis Blanc-Garin lequel va rétrograder à la quatrième place.

Aux 50 km, Lacquehay (40'47") précède Trantoul de 2 tours, Sadi Leport de 2 tours plus 400 mètres, Blanc-Garin de 3 tours, Toussaint de 4 tours, Prieto de 5 tours, Brossy de 7 tours, Urago de 10 tours. Ce dernier, découragé et ne pouvant rattraper son retard consécutif à ses deux crevaisons laisse ses rivaux batailler et rentre au quartier.

Les 60 km en 48'50" par Lacquehay qui surclasse le lot à l’exception de Trantoul et Brossy, mais celui-ci est victime d’une panne de moto qui lui interdit tout espoir . Lacquehay a pris un nouveau tour sur toute la « meute », ce qui lui en donne trois d’avance sur Trantoul qui doit laisser la seconde place à Sadi Leport auteur d’un beau retour offensif.

Lacquehay passe les caps des 70 km en 57'08"2/5, de l’heure (73,530 km) et des 80 km en 1h 02'16"1/5. Les places sont déjà virtuellement acquises. Sadi Leport effectue une fin de course remarquable qui lui permet de conserver la seconde place devant Trantoul. Blanc-Garin, victime d’une crevaison, abandonne au quatre-vingt-septième km. Belle fin course de Lacquehay , les 90 km en 1h 23'27"4/5 ; de Sadi Leport et de Trantoul. Un dernier abandon, celui de Prieto, est enregistré tout à la fin.

Lacquehay, dominateur, Sadi Leport et Trantoul émergèrent du lot de cette dernière série. En particulier, Aimé Trantoul , débutant dans la spécialité, démontra une rapidité et un cran qui dénotent sa classe et tint le coup avec aisance. Il ne perdit la seconde place qu’après les 70 kilomètres. Brossy, Urago et Blanc-Garin, trahis par leur moto et victimes de crevaisons ne purent être jugés.

 

Conformément au règlement prévoyant la possibilité pour la commission sportive de l’U.V.F. de qualifier un dixième concurrent, voire même un onzième ou un douzième , si elle estimait qu’ils ont été éliminés par malchance et non sur leur valeur, la commission réunie le mercredi 16 avril a désigné Achille Souchard en raison de la belle course qu’il a fourni dimanche et qui lui aurait permis de se qualifier sans la panne de moto dont il fut victime.

 

 

 

 

 

 

 

FINALE

1ère épreuve - Dimanche 26 Avril 1931 - Paris - vélodrome du Parc des Princes - 100 km

Course   interrompue  par la  pluie au 134ème tour  sur 150.

Catudal s’est assuré les services de Demenou disponible, son coureur Constant, ne s’étant pas qualifié.

-01 Charles Lacquehay

entr.Marcel Besson

88.866 km en 1h 16'08"1/5

-09 Aimé Constant

entr.Henri Demenou

  à   3 tours

-02 Henri Sausin

entr.Victor Philippe

  à   4 tours

-08 Raymond Beyle

entr.Joseph Paillard

  à   8 tours

- 04Achille Souchard

entr.Maurice Ville

  à   9 tours

- 06 Sadi Leport

entr.Jean Thomann

  à 10 tours

-07 Aimé Trantoul

entr.Henri Lallier

  à 12 tours

-03 Robert Grassin

Maurice Jubi

  à 13 tours

- 05 François Vallée

entr.André Chardon

  à 15 tours

x 10 Georges Paillard

entr.Léon Didier

Abandon 76 km

La course : Charles Lacquehay a tiré le numéro 1 et s’élance devant Sausin, Grassin, Souchard, Vallée, Sadi Leport, Trantoul, Beyle, Constant et Georges Paillard.

D’entrée, la lutte est ardente pour les places et aux 10 km (08'57"2/5), l’ordre est le suivant Lacquehay ; Paillard, parti du dernier rang et ayant remonté tout le lot ; Grassin ; Constant, ayant activé l’allure après un départ lent; Souchard; Beyle; Vallée; Sausin; Sadi Leport (panne de moto) et Trantoul.

Les cinq derniers nommés sont déjà doublés. Souchard ne tarde pas à l’être et seuls quatre coureurs restent en bonne position : Lacquehay, Paillard, Grassin et Constant. Ce dernier marche bien et ravit la trisième place à Grassin. Lacquehay tourne à 33"-33"1/5 au tour et s’adjuge un tour d’avance sur Grassin et Constant, lequel oppose à son rival une énergique mais vaine résistance. Lacquehay pointe aux 20 km en 17'30"3/5 et n’a plus pour adversaire direct que Paillard qui le suit à 300 mètres.

Lacquehay roule à merveille dans son style tout de souplesse et d’aisance et double une seconde fois Grassin. Surviennent deux incidents de course : Paillard et Grassin sont retardés et doublés suite à crevaisons. De sorte qu’au passage des 30 km (25'48"2/5), Lacquehay n’a plus à redouter comme opposant sérieux que Constant, passé à la seconde place à un tour ; les autres sont ; à deux tours : Paillard, Beyle, Sausin; à trois tours : Souchard ; à quatre tours : Trantoul, Vallée, Grassin; à 5 tours : Sadi Leport.

Lacquehay couvre 34,900 km dans les trente minutes et poursuit Constant afin de lui prendre un second tour, résultat qu’il atteint au 36ème km. Didier doit changer de moto, ce qui aggrave le retard de son coureur; Paillard rétrograde en  dernière position avec huit tours de retard.

Lacquehay continue sa progression en tête, les 40 km en 34'16"1/5, les 50 km en 42'50"4/5. Paillard regagne du terrain et remonte à la sixième place. Constant tient fermement la seconde position à deux tours du leader ; puis viennent, à quatre tours : Sausin et Beyle ; à cinq tours : Souchard ; à sept tours : Paillard ; à huit tours : Sadi Leport, Trantoul et Vallée. Grassin a eu encore une fois le boyau de son vélo crevé et ferme à présent la marche à neuf tours.

 La supériorité de Lacquehay rend la course monotone, les 60 km en 51'56"4/5, 69,330 km dans l’heure, les 70 km en 1h 00'40". La pluie a fait une offensive brusquée mais brève toutefois. Constant attaque Paillard et se heurte à une résistance acharnée de celui-ci. Il perd son rythme et Lacquehay le double pour la troisième  fois. Peu après, Paillard abandonne (76ème km). Lacquehay atteint les 80 km en1h 09'09"4/5 et la fin de course s’annonce sans histoire comme gagnée pour lui si la pluie et la grêle ne revenaient à tomber brusquement, sans rémission cette fois, arrêtant la course au bout de 88,866 km.

Lacquehay menait la course avec trois tours d’avance sur son suivant immédiat au moment où l’averse abondante en interrompit la fin, ce qui rend nécessaire de recourir les 100 kilomètres en totalité. Il perd le bénéfice de ses efforts qui avaient consacré son indéniable supériorité et se trouve ainsi frustré d’une victoire quasi-certaine alors qu’il venait de confirmer sa grande valeur. Parti en tête, il ne quitta plus la première place.

Dans un style souple et puissant, il doubla progressivement tous ses rivaux et après trente kilomètres, il avait la victoire en main. Derrière lui, Constant avait accompli la meilleure performance. Il ne put rien contre le leader mais s’imposa à la seconde  place. Paillard et Grassin victimes de plusieurs incidents de course furent dominés. Toutefois , c’est sur changement de machine que Paillard perdit son premier tour, alors que Grassin, déjà doublé avant les crevaisons, aurait été battu même sans ces péripéties. Sausin, Beyle, et Souchard firent une course régulière, sans plus ; Sadi Leport fut handicapé par une crevaison avant les 10 kilomètres. Trantoul se montra moins brillant que lors de l’éliminatoire. Vallée fut des plus ternes.

Dans sa séance du mercredi 29 avril, la commission sportive de l’U.V.F. a décidé, conformément au règlement en vigueur, que l’épreuve devrait être recourue sur 100 kilomètres par les dix concurrents qualifiés, rien ne s’opposant dans ce règlement à ce qu’un coureur ayant abandonné avant l’interruption de dimanche reprenne le départ. (L’an dernier, si Bréau qui se trouvait dans cette situation, n’était pas parti dans l’épreuve recourue le mercredi, c’est parce qu’il était blessé, mais la commission sportive ne lui avait pas interdit le départ).

Changement d’entraîneur : le 28 Avril Paillard a brutalement rompu son association avec Léon Didier au motif qu’il se trouvait gêné et intimidé par l’autorité de son entraîneur et qu’il n’osait pas le commander en course comme il le voulait. Voilà pourquoi il a décidé de rompre le contrat conclu le 23 mai 1930. A la veille de la première épreuve du championnat, Paillard a trouvé un nouvel entraineur, en la personne de Guérin, son ancien entraîneur. 

 

 

 

 

1ère épreuve finale  recourue Jeudi 30 Avril 1931

1-10 Georges Paillard

entr.Maurice Guérin

les 100 km en 1h 20'27"1/5

2 01 Charles Lacquehay

entr.Marcel Besson

  à   50 mètres

3-03 Robert Grassin

entr.Maurice Jubi

  à 110 mètres

4-02 Henri Sausin

entr.Victor Philippe

  à   1 tour  650 mètres

5-04 Achille Souchard

entr.Maurice Ville

  à   2 tours 330 mètres

6- 09 Aimé Constant

entr.Henri Demenou

  à   2 tours 400 mètres

7-06 Sadi Leport

entr.Jean Thomann

  à   2 tours 480 mètres

8-7 Aimé Trantoul

entr. Henri Lallier

  à   8 tours

N.C.8 Raymond Beyle

entr.Joseph Paillard

Abandon 92 km

N.C.5 François Vallée

entr.André Chardon

Abandon 82 km

La course : l’ordre au départ est inchangé par rapport au dimanche précédent: Lacquehay file en tête et une fois encore, Paillard dépasse tous ses devanciers jusqu’à la troisième position, intercalé entre Sausin et Grassin , les 10 km en   en 08'29"4/5. Lacquehay double successivement Vallée et Trantoul. Les autres restent sur leurs positions jusqu’aux 20 km atteints en 16'16"2/5.

 Lacquehay, peu après, double alors Sadi Leport, Souchard et Constant , poursuit sa  progression passe les 30 km en 23'59"3/5, et double encore Beyle et Sausin. Il n’y a donc plus dans le même tour que Lacquehay, Paillard et Grassin qui se tiennent en un demi tour.

Lacquehay passe la demi-heure (37,970 km), les 40 km (31'34"4/5) et au quarante-quatrième km arrive sur les talons de Grassin qu’il tente de doubler. Mais celui-ci répond à l’attaque et Lacquehay doit se replacer à l’arrière. A la mi-course (les 50 km en 39'29"4/5) ; Lacquehay précède, en point de mire, Paillard de 600 mètres et Grassin de 640 mètres. Puis suivent, à 1 tour : Sausin et Beyle ; à 2 tours : Sadi Leport, Souchard et Constant; à 4 tours : Trantoul; à 8 tours : Vallée.

 Paillard accélère, refait le terrain perdu. Aux 60 km (47'45"), il n’est plus qu’à 200 mètres du leader. Il y a du vent et l’allure s’est un temps ralentie, mais au 69ème kilomètre, Paillard part au sprint , attaque Lacquehay et réussit à passer en tête couvrant les 70 km en 56'03"1/5. Paillard poursuit sur sa lancée et semble sur le point de doubler Grassin mais ce dernier repart à toute pédalée et réduit son retard de moitié. Paillard couvre 74,700 km dans l’heure, et abat les 80 km en 1h 04'14". A son tour, Grassin se rapproche et les trois leaders se tiennent en 80 mètres, les 90 km en 1h 12'28"2/5 par Paillard.

 Au 92° kilomètre, Grassin accélère, mais Lacquehay réplique. Paillard fait de  même et s’échappe ; de sorte que les positions se maintiennent pour les trois premiers qui terminent à vive allure et sont également applaudis.

Si la participation de Paillard - aussi anormale que la chose puisse paraitre après son abandon volontaire de dimanche- mérite de retenir l’attention de la commission sportive de l’U.V.F., il n’en demeure pas moins que sa victoire fut pleinement méritée. Paillard a racheté de belle façon , la mauvaise impression qu’avait laissé sa course de dimanche. Succédant au commandement à Lacquehay au 104ème tour, il défendit sa position avec ardeur dans les 30 derniers kilomètres malgré une légère défaillance vers le 80ème qu’il surmonta brillamment.

Lacquehay et Grassin ont montré leur intention de disputer âprement le maillot tricolore.   Lacquehay tourna avec une régularité d’horloge. Quant à Grassin, après un début hésitant, il termina de façon fort brillante et parut à plusieurs reprises du 80ème au 95ème kilomètres, être en mesure de s’imposer.

Les autres concurrents dont certains s’étaient distingués dimanche, tels Constant, Sausin et Beyle, connurent des fortunes diverses mais tous furent cette fois dans l’incapacité de s’immiscer dans la lutte du trio des leaders.

 

 

 

 

 

2ème épreuve - Dimanche 10 Mai 1931 - Paris - vélodrome du Parc des Princes 

  1-02 Aimé Constant

entr.Henri Demenou

les 100 km en 1h 22'00"1/5

  2-06 Charles Lacquehay

entr.Marcel Besson

  à    20 mètres

  3-01 Achille Souchard

entr.Maurice Ville

  à  300 mètres

  4-05 Raymond Beyle

entr.Joseph Paillard

  à   1 tour  200 mètres

  5-03 Henri Sausin

entr.Victor Philippe

  à   1 tour  250 mètres

  6-09 Sadi Leport

entr. …  Thomann

  à   1 tour  450 mètres

  7-04 François Vallée

entr.André Chardon

  à   4 tours

  8-10 Georges Paillard

entr.Maurice Guérin

  à   6 tours

  9-07 Robert Grassin

entr.Maurice Jubi

  à   7 tours

10-08 Aimé Trantoul

entr.Henri Lallier

  à 10 tours

La course : Souchard a tiré le numéro 1 et s’élance devant Constant, Sausin, Vallée, Beyle, Lacquehay, Grassin, Trantoul, Sadi Leport et Paillard.

La prise d’entraîneurs est très animée. Grassin, Paillard et Lacquehay regagnent des places à la suite d’un départ ultra-rapide sur les cinqpremiers tours et se livrent à un chassé-croisé derrière Souchard et Sausin qui ont maintenu leurs positions, alors que Constant, après avoir résisté à la double attaque de Lacquehay et Paillard a rétrogradé en huitième position derrière Sadi Leport et Beyle et devant Trantoul et Vallée; de sorte qu’après les 10 km, on retrouve dans l’ordre Souchard en 8'14"3/5, devant Sausin, Grassin, Lacquehay et Paillard. La lutte se poursuit, ardente entre les troisième et cinquième places. Lacquehay oppose une vaine résistance à Paillard lequel passe mais vient se heurter à l’opposition de Grassin qui accélère et échappe à son rival.

Paillard, fatigué laisse repasser Lacquehay qui à son tour tente d’attaquer Grassin sans plus de succès et les 20 km arrivent : en 16'42"2/5 par Souchard, toujours leader devant Sausin et Grassin. Et c’est de nouveau la lutte à 3 avec Lacquehay, en récidive contre Grassin. Le coude-à-coude dure pendant un tour complet. Grassin maintient sa position. Toutefois, il est aussi à bout de souffle que l’est son assaillant, aussi Paillard en profite pour revenir au sprint et cette fois, il se place enfin au troisième rang, pour peu de temps. Trantoul, sur crevaison, est doublé. Souchard mène toujours aux 30 km en 24'36"1/5 devant Sausin et Lacquehay, repassé devant Paillard ; suivent Sadi Leport, Constant, Beyle, Grassin (long à récupérer de sa défaillance), Vallée et Trantoul.

Constant poursuit sa remontée et passe cinquième aux dépens de Paillard. Souchard atteint les caps des trente minutes (36,750 km) et des 40 km (32'49").

Au moment où Lacquehay s’apprête à lancer l’assaut sur Sausin, la moto de celui-ci flanche et Lacquehay passe 2° sans plus d’effort. Souchard double Trantoul pour la quatrième fois et revient dans le sillage de Grassin qu’il passe en pédalant de toutes ses forces. Par contre Grassin résiste avec succès à Lacquehay, avant de s’incliner deux tours plus loin. C’est alors que Constant fournit un bel effort. Il attaque et déborde Lacquehay, puis il se lance à la poursuite de Souchard qu’il rattrape et détrône de la première place. Constant devient leader ; il devance Lacquehay, Souchard, Paillard, Sadi Leport, Beyle, Vallée tous dans le même tour; Sausin (à 1 tour); Grassin (à 2 tours); et Trantoul (à 5 tours).

Constant abat les 50 km en 40'52"2/5 et les 60 km en 48'45"1/5. Grassin ne peut éviter d’être doublé une troisième fois. Il descend mais repart sur les encouragements de Desmarets à continuer. Lacquehay accélère l’allure, rejoint Constant et lui ravit la première place, les 70 km en  56'54"3/5.

Lacquehay conduit à présent le lot, couvre 73,670 km dans l’heure et passe les 80 km en 1h 05'19"1/5. Constant talonne Lacquehay et la lutte reprend. Lacquehay résiste bien puis faiblit mais il s’accroche. Constant persiste dans son effort et triomphe au bout de 300 mètres de coude à coude : Constant est à nouveau premier devant Souchard et Lacquehay. les 90 km en 1h 13'47"2/5.   Lacquehay produit un retour foudroyant. Il reprend la seconde place à Souchard et revient menacer Constant. La fin de course est superbe. Le Marseillais résiste farouchement et gagne avec une avance de vingt mètres.

Constant est sorti victorieux d’une course fertile en rebondissements et indécise jusqu’au bout. Débordé dans les premiers tours, il fit ensuite une course régulière et attaqua au bon moment , mettant d’accord le trio Grassin-Paillard-Lacquehay qui s’épuisèrent dans leur engagement.

Souchard , en tête pendant les quarante premiers kilomètres, s’est montré l’égal des meilleurs, menant le train en toute quiétude  devant Sausin, tandis que derrière eux Grassin essuyait sans relâche les attaques alternatives de ses tenaces rivaux, Paillard et Lacquehay. Mais tous les trois usèrent leurs forces à ce jeu. Lacquehay, un peu moins éprouvé parvint cependant à supplanter Constant qui avait succédé à Souchard, mais il fut contraint de céder le pas au Marseillais qui dès lors résista à tous les assauts. Beyle, Sausin, et Sadi Leport ont terminé honorablement, se plaçant nettement devant Paillard et Grassin qui rétrogradèrent après la mi-course, accusant les efforts de la lutte à trois avec Lacquehay.

 

 

 

 

3ème épreuve - Dimanche 24 Mai 1931 - Paris - vélodrome du Parc des Princes 

  1-03 Robert Grassin

entr.Maurice Jubi

les 100 km en 1h 23'29"4/5

  2-07 Aimé Constant

entr.Henri Demenou

  à  200 mètres

  3-04 Charles Lacquehay

entr.Marcel Besson

  à   1 tour   350 mètres

  4-10 Achille Souchard

entr.Maurice Ville

  à   2 tours  300 mètres

  5-09 Raymond Beyle

entr.Joseph Paillard

  à   3 tours

  6-05 Henri Sausin

entr.Victor Philippe

  à   7 tours

  7-08 Aimé Trantoul

entr.Henri Lallier

  à   9 tours

  8-06 Georges Paillard

entr.Maurice Guérin

  à 11 tours

  9-01 Sadi Leport

entr.Jean Thomann

  à 13 tours

10-02 François Vallée

entr.André Chardon

  à 15 tours

La course : ordre des départs suivant  le tirage au sort : Sadi Leport, Vallée, Grassin, Lacquehay, Sausin, Paillard, Trantoul, Beyle et Souchard.

Paillard fournit un gros effort et remonte en seconde position. Il commet alors l’erreur d’attaquer aussitôt Vallée qui est passé leader aux dépens de Sadi Leport et il décolle du rouleau, en proie à la défaillance. Paillard se reprend aussitôt, repart à l’attaque, ravit le commandement à Vallée mais il perd une seconde fois le sillage de sa moto. Vallée, victime de la lutte qu’il vient de soutenir contre Paillard décolle à son tour et Grassin passe ainsi au premier rang.

Paillard change de vélo et perd trois tours. Grassin mène à présent (les10 km en 08'42"2/5) devant Lacquehay, Sausin, Constant, Souchard, Beyle ; puis, à 1 tour : Trantoul ; à 2 tours : Sadi Leport ; à 3 tours : Paillard. Vallée ferme la marche. Après les 20 km qu’il couvre en 16'32"2/5, Grassin double Vallée, Sadi Leport et Trantoul et passe les 30 km en 24'38"1/5. Grassin revient dans le sillage de Beyle qui lui oppose une farouche résistance, et derrière lui, il voit Lacquehay se   rapprocher à 60 mètres, « poussé » par Constant.

Dans la demi-heure, 36,810 km par Grassin. Constant est troisième à 180 mètres, et Beyle qui a repris du champ, quatrième à cinq-cents mètres. Grassin conserve sa première place, les 40 km en 32'36"4/5 et les 50 km en 40'52"1/5.

La mi-course arrive sur les positions suivantes : Lacquehay à 100 m, Constant à 150 m et Beyle à 300 m; tous les autres ont été doublés ; Souchard à 1 tour, Paillard à 3 tours, Sausin à 4 tours, Trantoul à 5 tours, Sadi Leport à 7 tours et Vallée à 10 tours. La course devient monotone.

Au passage des 60 km, Grassin (49'14"4/5) reste sous la menace de Lacquehay qui d’ailleurs accélère brusquement. Mais Grassin active aussitôt l’allure et prévient l’attaque. Paillard décolle encore du rouleau et reperd du terrain ; la partie est perdue pour lui depuis longtemps. Il n’y a plus que quatre coureurs dans le même tour : Grassin, Lacquehay, Constant et Beyle. Souchard se maintient à 1 tour avec facilité. Tous les autres sont battus. Grassin atteint les 70 km en 57'44"2/5 et parcours 72,650 km dans l’heure.

Peu après, Lacquehay ne peut résister à l’assaut brutal que lui livre Constant et cède le second rang au Marseillais qui prend Grassin en chasse. Grassin résiste avec énergie, perd de son avance, puis récupère et reprend de la distance. Constant s’accroche lui aussi.

Au seuil des 80 km (1h 06'13"4/5), Grassin lutte désespérément contre le retour de Constant, et dans l’action, Lacquehay se trouve bientôt sur le point d’être doublé. Constant, la face contractée par l’effort pousse toujours plus fort, rattrape Grassin et assaille son rival mais décolle et Grassin préserve ainsi sa première place aux 90 km (1h 14'39"). Constant se replace sur le rouleau, à 25 mètres du leader et repart à l’offensive. A deux reprises, encore Constant attaque, deux fois il est repoussé. Il décolle à nouveau et cette fois rend les armes ! Grassin remporte une belle victoire.

Robert Grassin est donc qualifié pour la finale. Il l’a bien mérité. Après avoir résisté à la longue poursuite de Lacquehay, il triompha de Constant au terme d’une fin de course au cours de laquelle il fut attaqué sans répit par le Marseillais. Le courage dont firent preuve les deux adversaires donna lieu à une lutte de toute beauté.

Constant a acquis la détente qui lui faisait défaut et a montré qu’il savait « serrer les dents » et persister dans l’effort. Il devient un concurrent dangereux pour les meilleurs.

Lacquehay fléchit après le soixante-treizième kilomètre et perdit là toute chance de se qualifier. La course des autres ne suscite que peu de commentaires. Souchard fit une course régulière, mais sans prétention. Beyle résista bien et ne fut doublé qu’après la mi-course. Sausin et Trantoul accomplirent une prestation moyenne. Paillard émoussa sa combativité dans les dix  premiers kilomètres sur Vallée lequel, après ce bon début, accumula ensuite les tours perdus, de même que Sadi Leport.

 

 

 

 

 

EPREUVE FINALE - Dimanche 12 Juillet 1931 – Paris - vélodrome du Parc des Princes

1-03 Georges Paillard

entr.Maurice Guérin

  100 km  en  1h 19'21"3/5

2-01 Robert Grassin

entr.Maurice Jubi

à 1 tour 330 mètres 

3-02 Aimé Constant

entr.Henri Demenou

à 2 tours 350 mètres

La course : Au démarrage, Grassin prend un départ fulgurant et possède bientôt une avance de 250 mètres sur Paillard qui a dépassé Constant, lent à se mettre en action. Grassin   ne tarde pas à revenir sur Constant qu’il double irrésistiblement mais il échoue contre Paillard et doit alors résister à Constant, enfin dans le bon rythme et qui cherche à se dédoubler.

Les 10 km en 07'56"3/5 (record , ancien record 07'59"4/5 par Erich Moeller le 20 Juillet 1930). Paillard active l’allure, s’échappe et revient à deux cents mètres de Grassin. Constant, à 1 tour 330 mètres est doublé peu après par Paillard. La lutte s’engage entre Paillard et Grassin. Grassin donne à fond mais Paillard va plus vite et passe en première position pour mener aux 20 km en 15'52". Les concurrents ont ralenti l’allure et aucune attaque ne se produit jusqu’aux 30 km atteints par Paillard en 22'34"4/5. Son avance est alors de 300 mètres sur Grassin et de 1 tour 430 mètres sur Constant.

Constant tente de se dédoubler sur Grassin mais celui-ci accélère et pare l’attaque. Paillard continue de gagner du terrain, couvre dans la demi-heure 38,410 km et   les 40 km 31'39"3/5. Le duel Grassin-Constant reprend, toujours à l’avantage du premier, Paillard surveillant les deux protagonistes depuis la  ligne opposée. Constant semble gêné par son casque mal fixé. Les 50 km en 39'23"1/5 par Paillard qui talonne à présent ses deux adversaires mais ne fait rien pour les doubler. On assiste à un nouvel assaut de Constant et c’est un nouvel échec.

Le Marseillais récidive, mais Grassin se montre inébranlable. La course devient monotone. Paillard passe les 60 km en 47'32"1/5 et, après les soixante-quatre km, fonce sur Constant et malgré sa résistance, le coureur Marseillais aura perdu un deuxième tour au seuil des 70 km en 55'32"4/5 par Paillard qui se montre supérieur.

Au cours des sept tours suivants, Grassin active et réduit son retard , mais juste après l’heure de course (75,670 km), Paillard le surprend par un coup imparable de décision et de franche vitesse. Paillard a désormais un tour d’avance sur Grassin, deux sur Constant et abat les 80 km en 1h 3'25".

Grassin accuse la fatigue et ralentit son rythme, gêné en plus par son rouleau qui est cassé. Il cède alors enfin à l’attaque de Constant. Mais Constant échoue à se dédoubler contre le leader et consécutivement il perd le tour qu’il avait repris à Grassin.

Paillard passe les 90 km en 1h 11'47"3/5 et achève de triompher magistralement. Il enfile par-dessus son maillot blanc et noir, le maillot tricolore que lui remet Mr Lecomte, vice-président de la commission sportive de l’U.V.F.

Georges Paillard, en grande forme, a affirmé sa supériorité pour conserver son titre de champion de France. Il ne se laissa pas impressionner par l’attaque brusquée de Grassin à la prise d’entraîneur, qui l’avait placé un instant en point de mire. Parvenu en pleine action, Paillard regagna à vue d’œil six-cent cinquante mètres, doubla Constant et dépassa Grassin avant les vingt kilomètres. Par  la suite, il conduisit sa course avec clairvoyance et doubla ses deux concurrents dans le dernier quart du parcours.

Grassin, parti en trombe, battit le record des dix kilomètres. Au bout d’une quinzaine de tours, il avait doublé Constant mais il voulut aussi doubler Paillard et ce fut sa   perte.

Le Marseillais Aimé Constant ne put inquiéter ses rivaux. Il perdit deux tours sur Paillard et un sur Grassin avec lequel il eut toutefois quelques belles empoignades. Il parvint même un moment à se dédoubler, mais Grassin revint à la charge et rétablit son rang.

 

 

 



11/11/2017
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