STAYER FR PALMARES

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CHAMPIONNAT DE FRANCE 1933

 Là, François Bonnin a dépassé François Bonnin.

Avec ce championnat 1933 il peut prétendre au titre de Balzac du demi-fond : à vous d'en juger !

Et si la masse d'informations vous décourage, allez directement à la fin du récit pour découvrir un dénouement pas banal ...

 

 

 

 

- travail réalisé par François Bonnin-

 

Attention ! :   toute reproduction - partielle ou non - de cette étude,

est soumise à l'autorisation du site STAYER FR 


  

 

 

 

 

 

  

 

   

 

 

 

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND 1933

 

La feuille d’inscriptions pour les éliminatoires du championnat de France de demi-fond a été ouverte le 19 avril entre les mains de Mr Benoit, gardien du quartier des coureurs du Vel d’Hiv, les engagements étant également reçus au siège de l’U.V.F. 24 bd Poissonnière.

Tout engagement doit être accompagné du nom de l’entraîneur choisi et de la signature de celui-ci. La clôture des engagements a été fixée au mardi 25 avril 17 heures. Les prix offerts pour chaque éliminatoire sont de 3000, 2000, 1000, 500 et 500 francs

La liste des candidats a été close sur le chiffre de vingt-cinq inscriptions. Après examen des titres et qualités de ces concurrents, la commission sportive de l’U.V.F., réunie dans sa séance du mercredi soir 26 avril, a décidé de ne retenir que 21 des 25 engagés et a formé les trois séries éliminatoires de l’épreuve nationale des stayers Français. Ont été écartés de la sélection : Soudeyre, Roger André, Paul Puechon et Marcel Haas.

Mr Edmond Lauthier , commissaire technique a procédé à la vérification des motos le vendredi 28 avril, toute la journée et le même jour à 16 heures , devant la plupart des coureurs et entraîneurs intéressés, réunis dans le bureau directorial du parc des princes en présence de Robert Desmarets, maître de céans, le tirage au sort de l’ordre des départs dans les séries et de l’ordre des séries dans le programme a été effectué, par mademoiselle Marie-Thérèse, sténo dactylo de la direction du vélodrome.

 

ELIMINATOIRES Dimanche 30 avril 1933 - Paris (Vélodrome du Parc des Princes)

1ère série                                                                                                                      

1-01 Robert Grassin  

entr. Maurice Ville

les 100 km en 1h 21'31"4/5

2-04 Georges Wambst

entr. Joseph Paillard

  à  220 mètres

3-03 Aimé Constant

entr. Daniel Lavalade

  à   5 tours

4-02 Michel Pecqueux

 entr. André Chardon

  à   8 tours

5-06 Jean Maréchal

 entr. Maurice Jubi

  à   9 tours

6-07 René Comboudoux

entr. emile roudy

  à 11 tours

N.C.-05 Raymond Beyle

Entr. Marcel Rollion

Abandon 70 km

La course : ordre des départs : Grassin, Pecqueux, Constant, Georges Wambst, Beyle, Maréchal, Comboudoux.

Dès la prise des entraîneurs, les positions se modifient, G. Wambst et   Maréchal remontant aux deuxième et troisième places derrière Grassin et Constant, passant quatrième aux dépens de Pecqueux. Comboudoux est déjà doublé. Grassin file en tête, les 10 km en 08'35"2/5.

Constant dépasse Maréchal pour la troisième place, mais ce dernier revient à l’assaut, les 20 km en 16'17"4/5  par Grassin. Beyle passe Pecqueux qui se trouve avant-dernier devant Comboudoux. Au passage des 30 km, Grassin conduit la course en 24'58"4/5; Comboudoux perd un second tour. Une timide attaque de Maréchal sur Wambst échoue peu avant les 40 km que couvre Grassin en 33'12"3/5.

Le classement est inchangé, suivent G. Wambst à 40 mètres, Maréchal à 120 mètres, Constant à 200 mètres. Pecqueux est doublé, de même que Beyle et Comboudoux à nouveau.

Au 45ème kilomètre, Pecqueux perd un second tour. Rien de saillant ne se produit entre les 50 km (41'27"2/5) et les 60 km que Grassin atteint en 49'51"2/5.

Vers le soixante-deuxième kilomètre, Constant produit un bel effort et passe Maréchal. Mais celui-ci repart à fond et « à l’arraché » récupère la troisième place.

Grassin poursuit sa ronde sans faiblir, et double Constant vers le soixante-cinquième kilomètre, pendant que Beyle, sur crevaison, descend de machine, perd plusieurs tours et finit par abandonner.

Après les 70 km (59'43"4/5), Grassin et G. Wambst arrivent sur Maréchal et le doublent. Constant et Maréchal perdent du terrain et concèdent un second tour au 78ème km. Constant repasse devant Maréchal, tandis que Grassin abat les 80 km en 1h 05'45"3/5 toujours suivi « comme son ombre » par Georges Wambst. Maréchal, désemparé ne semble plus en course; il va perdre plusieurs tours. Grassin double Constant pour la troisième fois, passe les 90 km en 1h 05'45"3/5 et accélère après le 95ème kilomètre pour tenter  de distancer G. Wambst, ce qu’il parvient à faire au prix d’un gros effort.

Grassin a démontré qu’il était aussi à son aise en plein air qu’au Vel d’hiv. Derrière lui, Georges Wambst se qualifia nettement suivant Grassin avec facilité et sans effort apparent. Il ne concéda qu’un minimum de terrain dans les dix derniers tours.

 Jean Maréchal était dans un mauvais jour. Désavantagé par le tirage au sort, il dut lutter pour  remonter et parvenu en troisième position, fut harcelé tout au  long de la course par les attaques de Constant , l’obligeant à des efforts répétés qui l’épuisèrent. Il se découragea dans les vingt derniers kilomètres, victime de sa combativité. On espérait mieux de Constant qui manqua de brio pour attaquer les deux premiers. Pour les autres on retiendra les très bons débuts de Pecqueux, faiblissant seulement sur la fin; Comboudoux, nouveau venu lui aussi dans la spécialité fut logiquement dominé et devra persévérer pour devenir un stayer honorable ; Beyle, bien parti, renonça  trop vite.

 

 

 

 

2ème série 

1-04 Georges Paillard

entr. Maurice Guérin

les 100 km en 1h 21'30"4/5

2-06 André Raynaud

entr. Victor Philippe

  à  200 mètres

3-02 Alexis Blanc-Garin

entr. Henri Demenou,

  à  300 mètres

4-05 Henri Sausin

entr. Alphonse Groslimond (Suisse)

  à   1 tour 50 mètres

5-03 René Maronnier

entr. Willy Hesslich (Allemand)

  à   9 tours

6-07 Jean Tonnelier

entr. Jean Siterre

  à 15 tours

N.C. -01 Hilaire Bertellin

entr. Jean Thomann

Abandon 20 km

La course : l’ordre au départ est le suivant : Bertellin, Blanc-Garin, Maronnier, Paillard, Sausin, Raynaud, Tonnelier.

A la prise des entraîneurs, Paillard passe aussitôt en tête, suivi de Blanc-Garin, mais Raynaud, auteur d’un beau départ, « saute » Blanc-Garin et se trouve en seconde position.

Bertellin, qui avait tiré le numéro 1, se fait passer par tout le monde et se trouve doublé par Paillard. Tonnelier qui marchait très bien crève. Blanc-Garin veut attaquer Raynaud, mais doit se replacer derrière lui.

Paillard passe premier aux dix kilomètres en 8'23"2/5. Blanc-Garin renouvelle son attaque mais toujours sans succès tandis que Bertellin perd un nouveau tour, avant d’abandonner au passage des vingt kilomètres. Le classement est alors le suivant : en tête Paillard (19'29"); puis Raynaud, Blanc-Garin, Sausin, Maronnier, tous dans le même tour, Tonnelier à 4 tours.

Sausin tente à plusieurs reprises de se porter à la hauteur de Blanc-Garin, mais à chaque fois, il doit rétrograder. Mais après les 30 km, que Paillard franchit en 24'51"2/5, Sausin parvient enfin à passer Blanc-Garin lequel se place derrière lui. La ronde se poursuit assez serrée toujours conduite par Paillard, les 40 km en 33'1".

Sausin attaque à présent Raynaud, mais celui-ci s’enfuit. Blanc-Garin réussit à reprendre la troisième place à Sausin peu avant la mi-course. Tonnelier est revenu à trois tours mais il reste jusqu’à présent le seul coureur doublé. Les cinq autres concurrents restent groupés en 250 mètres, les 50 km en 41'12"4/5 par Paillard. Blanc-Garin « pousse » Raynaud sur Paillard mais il décolle en essayant de passer et n’a plus qu’à se replacer. Il recommence peu après, sans plus de succès.

Paillard, neutre jusqu’ici (les 60 km en 49'30"1/5), se déchaîne soudain et double successivement Maronnier, Sausin et Blanc-Garin. Raynaud a senti le danger et il prend du champ pour ne pas être doublé. Paillard passe aux 70 km en 57'22"2/5. Blanc-Garin, courageux à l’extrême, repart à l’assaut et se dédouble sur Paillard qui paye son déboulé de tout à l’heure. Blanc-Garin se rapproche ensuite de Raynaud et revient l’attaquer, mais il décolle à nouveau et perd ainsi du terrain, les 80 km en 1h 05'35"2/5 par Paillard.

La course se déroule à présent monotone ; Blanc-Garin parait un peu découragé et l’on atteint le cap des 90 km en 1h 13'58"1/5 pour le premier, Paillard. Toujours opiniâtre, Blanc-Garin repart à l’attaque, mais en vain. Les derniers tours sont couverts à toute allure et les positions restent acquises.

Georges Paillard a retrouvé toute sa verve, vainqueur attendu de son éliminatoire. Ses deux meilleurs adversaires, Raynaud et Blanc-Garin furent tout aussi méritants puisqu’ils terminèrent dans le même tour en ayant produit de nombreux efforts. Raynaud défendit sa qualification en repoussant tous les assauts de Blanc-Garin, lequel fut particulièrement brillant et combatif et se serait peut-être qualifié s’il avait été mieux entraîné. Sausin fit une bonne course ; ayant gagné l’un de ses duels contre Blanc-Garin, il n’hésita pas alors à défier Raynaud pour la deuxième place.

La distance fut cette fois trop longue pour Maronnier, de même que pour Tonnelier, doublés et redoublés après la mi-course. Enfin, Bertellin est décidément plus à l’aise dans les sous-bois.

 

 

 

 

3ème série

1-07 Charles Lacquehay  

entr. Marcel Besson

Les 100 km en 1h 19'12"3/5

2-06 René Brossy

entr. Henri Saugé

  à 12 tours   20 mètres

3-04 Auguste Wambst

entr. Pierre Deliège

  à 12 tours   50 mètres

4-02 Henri Bréau

entr. Daniel Lavalade

  à 12 tours   80 mètres

5- 06 Robert Toussaint

entr. Vitale Manera (Italien)

  à 13 tours

6-03 Octave Dayen

entr. Raymond Massal

  à 14 tours

N.C.-01 François Vallée

entr. Joseph Paillard

Abandon 90 km 

La course : Ordre de départ : Vallée, Bréau, Dayen, Wambst, Toussaint, Brossy et Lacquehay. Dès le coup de pistolet Bréau essaie de passer en tête, mais il ne peut y parvenir, et c’est Auguste Wambst auteur d’un très beau démarrage qui prend le commandement.

Mais il est aussitôt passé par Brossy, également très bien parti. Brossy se retrouve en tête, pour peu de temps toutefois, car bientôt, Lacquehay revenu de la dernière position, devient leader et se détache; il double rapidement Toussaint, puis successivement Vallée, Dayen, Bréau, A. Wambst et Brossy, c’est-à-dire tous les concurrents, les 10 km en 08'05"1/5 (record). De son allure souple, Lacquehay continue et bientôt prend un deuxième tour à tout le monde, puis un troisième, les 20 km en 15'55"1/5 (record).

Lacquehay prend un quatrième tour, passe les 30 km en 23'32"3/5 (record) et peu après double tous ses adversaires pour la cinquième fois. Derrière Lacquehay, les coureurs tournent au train, sans s’attaquer. C’est une course d’attente. Brossy double Toussaint. A. Wambst fait de même, tandis que Lacquehay prend un sixième tour, couvre 38,230 km dans la demi-heure (record), les 40 km en 31'18"2/5 (record).

Vallée est doublé par Brossy, A. Wambst, Bréau et Dayen. Bréau vient attaquer A. Wambst qui s’enfuit et Lacquehay prend un nouveau tour, ce qui fait le septième, les 50 km en 39'08"4/5 (record). Le leader continue de tourner autour de ses adversaires, lesquels pourtant ne s’amusent pas et il inscrit un huitième tour à son bénéfice.

Les 60 km sont atteints en 48'50" (record) et voici un neuvième tour à Lacquehay, complètement déchaîné. Le cap des 70 km est atteint en 54'47"4/5 (record) par Lacquehay avec un dixième tour. Le record de l’heure est amélioré (76,340 km) et les 80 km abattus en 1h 02'57"4/5 (record et un onzième tour). Vallée abandonne.

Au passage des 90 km Lacquehay (1h 11'01"3/5 , record, naturellement) a donc onze tours d’avance sur Brossy, A. Wambst et Bréau. Il serait temps pour Auguste Wambst d’attaquer s’il veut essayer de se qualifier, aussi se rapproche-t-il de Brossy, mais celui-ci celui-ci repart à toute allure. Lacquehay termine en toute beauté et double tout le monde, y compris Brossy qu’il passe sur la ligne prenant ainsi un dernier tour, le douzième avec le record des 100 kilomètres. Les autres continuent.

La bataille est vive car Brossy, Wambst, et Bréau ne sont séparés que de quelques mètres. Wambst et Bréau accélèrent mais Brossy s’enfuit et se qualifie.

 

Charles Lacquehay fut formidable, améliorant tous les records locaux, pédalant sans heurt et sans à coup , mais rapide et plein d’assurance, il tourna autour de ses concurrents auxquels il infligea régulièrement un tour et parfois deux à chaque passage de dix kilomètres.

 

A douze tours de Lacquehay, Brossy, au maillot bleu azur se maintenant en seconde position tout au long de la course, enleva sa qualification devant un Auguste Wambst qui lésina trop longtemps et un Bréau qui, malgré une blessure gênante, fut bien présent. Toussaint se contenta de suivre; doublé par le groupe lancé à distance de Lacquehay, il fut écarté de la lutte pour la qualification bien avant la mi-course. Dayen rappela Moeller par sa position mais la comparaison s’arrête là. Vallée, en mauvaise forme, fut courageux et méritant, mais ne put terminer

 

 

 

Communiqué de l’U.V.F. (jeudi 4 mai 1933). 

A la suite des épreuves éliminatoires du championnat de France de demi-fond, la commission sportive de l’U.V.F. a reçu trois lettres des coureurs Maréchal, Blanc-Garin et Auguste Wambst.

Par ces courriers, ils demandent à la commission de bénéficier de la faculté qu’elle se réserve de qualifier un septième homme pour les trois épreuves du championnat.

(Maréchal, qui se montre depuis un an parmi les meilleurs stayers Français n’avait pas de toute évidence sa meilleure forme et n’avait pu défendre ses chances comme il convenait,

souffrant d’une blessure à la selle. Blanc-Garin et A. Wambst ont demandé à la commission de tenir compte qu’ils ont terminé à quelques mètres seulement,

respectivement de Raynaud et Brossy qualifiés à la deuxième place de leur série, dans le même tour que le champion de France Georges Paillard en ce qui concerne Blanc-Garin).

 

D’autre part, il a été suggéré à la commission sportive que soit disputée une épreuve de repêchage groupant les battus des éliminatoires.

La commission croit devoir rappeler qu’il n’est jamais entré dans ses intentions de repêcher un concurrent battu régulièrement au cours des épreuves éliminatoires,

mais simplement qu’elle se réserve la possibilité réglementaire de pouvoir qualifier d’office un coureur qui, ayant fait preuve d’une supériorité manifeste au cours de sa série,

se serait vu frustré d’une victoire indiscutable par un accident mécanique ou une chute. Pour citer un exemple, elle n’aurait pas hésité à qualifier d’office le coureur Lacquehay

si celui-ci, en cours d’épreuve, avait été victime d’un accident quelconque.

Par ailleurs, la commission n’a pu retenir la suggestion d’épreuves de repêchages.

Outre qu’il faudrait pour cela organiser deux séries de 100 kilomètres et ensuite une finale également sur 100 kilomètres entre les trois premiers des deux épreuves pour sortir le septième homme,

la commission est de toute façon tenue obligatoirement d’appliquer le règlement du championnat de France dans son intégralité qui ne prévoit pas de repêchages

et qu’il est interdit de modifier ce règlement en cours d’épreuve. Les éliminatoires s’étant disputées dans les conditions les plus régulières,

seuls les six  qualifiés qui l’ont été sur leur valeur, peuvent disputer les trois épreuves du championnat de France.

 

 

PREMIERE EPREUVE

Jeudi 25 mai 1933 - Paris (Vélodrome du Parc des Princes) 100 km

1-06 Charles Lacquehay

entr. Marcel Besson

les 100 km en 1h 21'30"4/5

2 03 Georges Paillard

entr. Maurice Guérin

  à   6 tours

3-01 André Raynaud

entr. Victor Philippe

  à   8 tours

4-04 Robert Grassin

entr. Maurice Ville

  à   8 tour  150 mètres

5-05 Georges Wambst

entr. Joseph Paillard

  à   8 tours 300 mètres

6-02 René Brossy

entr. Henri Saugé

  à 13 tours

La course : C’est Raynaud qui part en tête, suivi dans l’ordre par Brossy, Paillard, Grassin, Georges Wambst et Lacquehay.

Le seul changement qu’apporte la prise des entraîneurs est le passage à la sixième place de Georges Wambst, parti lentement, tandis qu’au troisième tour, Paillard qui a déjà passé Brossy vient aussitôt inquiéter Raynaud.

Mais Lacquehay continue sa marche vers la tête, en mettant successivement à la raison Grassin, Brossy, Paillard et enfin Raynaud. Il se trouve donc après douze tours avoir réussi à passer de la dernière à la première place. Mais ce succès ne lui suffit pas !

A peine en effet se trouve-t-il en tête qu’il lui faut attaquer l’homme qui se trouve devant lui. C’est d’abord Georges Wambst qui doit se laisser doubler, puis Grassin, puis Brossy, les 10 km en 08'20"2/5 par Lacquehay.

Mais tandis que le leader continue son travail, la lutte derrière lui se précise et c’est d’abord G. Wambst qui attaque Grassin sans succès, puis Paillard qui réussit à passer Raynaud, les 20 km en 16'05"1/5 par Lacquehay.

Grassin tente une attaque sur Lacquehay qui vient de le passer, mais c’est peine perdue car admirable de régularité, mètre par mètre; Lacquehay grignote la distance qui le sépare de Paillard, les 30 km en 23'56"2/5, et au trente-et-unième kilomètre, Paillard est doublé pour la seconde fois. Et les « bielles » merveilleuses continuent leur travail.

Lacquehay couvre 37,322 km dans la demi-heure et passe les 40 km en 32'8"1/5.

Une tentative de Brossy active un peu le train mais il décolle et Paillard est menacé pour la troisième fois par Lacquehay. Cependant, il ne se laisse pas faire et après un beau coude-à-coude, c’est Paillard qui reprend une centaine de mètres.

Mais Lacquehay insiste et six tours plus loin passe en trombe. Grassin veut se dédoubler sur Paillard : rien à faire. Le champion du monde ne s’en laisse pas compter et G. Wambst en profite pour passer Grassin, les 50 km en 40'07"3/5 par Lacquehay.

Rien de nouveau jusqu’aux 60 km atteints en 48'38"2/5 par le même. Raynaud qui jusque-là, n’avait pas paru à son aise marche mieux et réussit à passer Grassin auquel d’ailleurs, Lacquehay prend un cinquième tour.

Grassin donne alors à fond, passe Raynaud puis G. Wambst, mais arrivé derrière le leader, il hésite, puis renonce : « le morceau est trop gros ! ».

Et sous les applaudissements du public, Lacquehay pour la quatrième fois passe Paillard, les 70 km en 56'50". La lutte continue avec une régularité de pendule. Une tentative de G. Wambst échoue contre Paillard et voici les 80 km (1h 05'03"2/5 par Lacquehay).

La mécanique merveilleuse, une cinquième fois a raison de Paillard, puis de Grassin pour la septième. Les 90 km sont couverts par Lacquehay en 1h 13'27"1/5. Lacquehay a d’ailleurs l’air décidé à ne pas en rester là.

Voilà le dos de Paillard et neuf tours avant la fin, celui-ci en a un sixième de retard. Et Lacquehay termine très fort sous les ovations des spectateurs.

 

Encore une fois, Charles Lacquehay sut enlever une grande victoire. Mécanique merveilleuse de régularité, de puissance et de ténacité, il fit comprendre dès le début à ses adversaires qu’il gagnerait de magistrale façon. Que pouvait Paillard contre un tel déchaînement ? S’assurer la deuxième place et c’est ce qu’il fit montrant d’ailleurs une belle forme. Le courage ne fit pas défaut aux vaincus de cette première épreuve du championnat de France. C’est pourquoi il convient de féliciter Raynaud qui mérita   bien le bouquet que dans un geste de dépit, refusa Paillard; Brossy lequel, bien que blessé, tint jusqu’au bout; Grassin, qui reste très dangereux, et Georges Wambst dont la relative inexpérience laisse présager qu’il pourra être un très bon stayer. Tous, bien que doublés et redoublés par le gagnant, n’en dépensèrent pas moins leurs forces jusqu’au bout.

 

 

 

 

DEUXIEME EPREUVE

Dimanche 4 juin 1933 - Paris (Vélodrome du Parc des Princes)

1-04 Robert Grassin

entr. Maurice Ville

les 100 km en 1h 21'44"

2-03 Charles Lacquehay

entr. Marcel Besson

  à    1 tour    10 mètres

3-06 Georges Wambst

entr. Joseph Paillard

  à  1 tour  450 mètres

4-05 André Raynaud

entr. Victor Philippe

  à   9 tours

5-01René Brossy

entr. Henri Saugé

  à 19 tours  

6-02 Georges Paillard

entr. Maurice Guérin

  à 23 tours 

La course : Brossy part en tête devant Paillard, Lacquehay, Grassin, Raynaud, G. Wambst, mais rapidement Brossy rétrograde en sixième position.

C’est Paillard qui hérite de la première place qu’il conserve au passage des 10 km (8'8") après avoir résisté aux assauts de Lacquehay.

Grassin vient de passer ce dernier mais a du aussitôt lui rétrocéder la deuxième place.

A plusieurs reprises Lacquehay attaque Paillard, mais sans réussir à passer, tandis que Wambst vient se nicher à la quatrième place derrière Grassin.

Aux 20 km (16'3"3/5 par Paillard), Raynaud et Brossy ont perdu un et deux tours alors que les quatre premiers se tiennent toujours en 150 mètres, les 30 km en 24'19".

Au trente-deuxième kilomètre Lacquehay se lance à nouveau et vient à la hauteur de Paillard lequel démarre à temps et réussit à juguler cette violente attaque.

Trois tours plus loin, Lacquehay repart à l’assaut. Paillard résiste d’abord, puis décolle légèrement : la brèche est faite, Lacquehay est passé. L’exploit est salué par de vifs applaudissements.

Lacquehay, à présent en tête a parcouru 37, 017 km dans la demi-heure et passe les 40 km 32'22"3/5. Grassin suit le leader à 400 mètres. Paillard a perdu rapidement deux tours et continue de concéder du terrain.

Georges Wambst a été doublé et Brossy a changé de vélo. Le classement à mi-course donne : 1.Lacquehay, les 50 km en 40'29"4/5 ; 2.Grassin, à 250 mètres ; 3.Georges Wambst, à un tour et demi ; 4.Raynaud, à 4 tours ; 5.Paillard, à 4 tours et demi ; 6.Brossy, à 10 tours.

Paillard change de machine, et perd encore plusieurs tours. Grassin, lui, se maintient et, vivement encouragé par le public, se rapproche même du premier.

Lacquehay abat les 60 km en 48'50"4/5 et les 70 km en 57'16"4/5, sans grande modification derrière lui. Tout à coup, on voit Lacquehay décoller. La moto de Besson a des ratés et s’arrête alors que l’on atteint l’heure de course (73,385 km). Rapidement, Besson a trouvé la panne : un fil de bougie desserré. Puis le voilà reparti.

Mais Grassin est maintenant en tête devant G. Wambst à 1 tour et Lacquehay à 2 tours ; les 80 km en 1h 5'22" par Grassin à qui sa position de leader semble avoir donné des ailes. Lacquehay parait légèrement déprimé par l’incident, mais il n’en repart pas moins en action. Revenu à la deuxième place aux dépens de G. Wambst, il attaque Grassin peu après les 90 km (1h 13'35"2/5). « Toto » résiste d’abord une fois, deux fois, puis laisse passer son adversaire, lequel semble souffrir de la selle. Cependant, à peine s’est-il dédoublé que Lacquehay fonce courageusement en grimaçant, mais la fin est trop proche. Grassin a gagné. Les deux hommes sont follement acclamés et c’est justice.

 

On s’attendait à voir Charles Lacquehay tourner autour de ses rivaux comme lors de l’éliminatoire et de la première manche. Il n’en fut rien. Pendant trente kilomètres Lacquehay multiplia les attaques contre Paillard qu’il finit par passer en deux temps à l’issue d’une brutale offensive. Mais une fois devenu leader, il se ressentit de la bataille livrée et s’il réussit à tourner autour d’un Paillard désemparé et de Brossy et de Raynaud, jamais dans la course, il ne put distancer Grassin et G.Wambst. Si bien que lorsque la malchance l’atteignit au soixante douzième kilomètre, sous la forme d’une panne de moto, Lacquehay recula à la troisième place, et malgré tous ses efforts et une belle fin de course, ne put ensuite combler qu’une partie de son retard.

 

Durant les soixante-six premiers tours, Paillard répondit avec brio aux assauts de Lacquehay, en le laissant même parfois approcher de fort près. Si près d’ailleurs certaines fois, qu’il dut produire un énorme effort au démarrage pour empêcher l’adversaire de passer. Cet effort fut finalement fatal à Paillard qui devait céder le commandement à Lacquehay au 34ème kilomètre.

Georges Paillard, dont le retour en forme se manifeste à chaque sortie a encore une chance de sauver son titre de champion de France qu’il défendra c’est certain avec encore plus d’âpreté lors de la dernière épreuve . Il faudra également compter avec Georges Wambst qui a confirmé ses réels progrès en se montrant aujourd’hui à l’égal des meilleurs.

 

Mais le dernier mot revint à Robert Grassin qui paraissait particulièrement « gonflé ». Lorsque Lacquehay fut retardé par la défaillance de sa moto, Grassin qui s’était tenu magnifiquement en embuscade à 200 mètres, passa du coup en tête avec un moral d’autant plus grand que la fin était proche. Et il termina avec un tel brio que l’on peut bien se demander s’il ne serait pas venu en tout état de cause à bout de son rival même sans accident. « Toto », relancé de plus belle va être un dangereux obstacle à franchir pour la marche de Lacquehay vers le maillot tricolore.

 

 

 

 

TROISIEME EPREUVE

Dimanche 18 juin 1933 - Paris (Vélodrome du Parc des Princes)

Course interrompue  par la  pluie à deux reprises et remise au mardi 20 juin 18 heures.

 

L’ordre des départs déterminé par le tirage au sort place Georges Wambst en numéro 1, puis Paillard, Brossy, Raynaud, Grassin et Lacquehay.

D’entrée, G. Wambst cède le pas à Paillard, Brossy et Raynaud, pendant que Lacquehay passe facilement Grassin.

Poursuivant son effort, « la longue carabine » est bientôt –non sans lutte- à la deuxième place, tandis que Raynaud prend la troisième et G. Wambst la quatrième, les10 km en 08'24"4/5, par Paillard que Lacquehay commence à harceler.

Paillard résiste avec opiniâtreté et conserve son premier rang au seuil des 20 km qu’il couvre en 16'22"4/5.

La pluie interrompt la course avant les trente kilomètres sur les mêmes   positions : Paillard précédant Lacquehay, Raynaud, G. Wambst, Brossy et Grassin tous groupés dans le même tour. On reprend un peu plus tard, en repartant à zéro, c’est-à-dire les concurrents dans les positions du tirage au sort et devant parcourir 100 kilomètres.

Sur le second départ, la prise des entraîneurs est défavorable à Brossy qui passe de la deuxième à la dernière position. Peu après, Raynaud est passé par Grassin puis par Lacquehay. Celui-ci se lance.

Grassin ne tente aucunement de lui résister et le laisse passer pour attaquer Paillard qui résiste superbement. A la faveur du chassé-croisé des dix premiers tours, Paillard a supplanté G .Wambst à la tête de la course et ce dernier a été passé par Lacquehay et Grassin.

Une deuxième fois, la pluie survient, la course est cette fois de ce fait annulée et tout est à refaire pour les stayers comme s’il ne s’était rien passé.

Paillard nous a montré au cours de ces deux brèves apparitions qu’il était décidément en pleine possession de ses moyens. La façon dont il démarra pour résister les deux fois aux coups de boutoir de Lacquehay, en dit long sur sa   forme actuelle. Pour beaucoup, il sera le favori de la réédition de cette troisième manche du championnat, programmée le mardi soir.

Les positions, au moment de l’interruption survenue après 15 tours   (6.818 km) : 1.Paillard ; 2.Grasssin ; 3.Lacquehay ; 4.G.Wambst ; 5.Raynaud ; 6.Brossy.

 

TROISIEME EPREUVE  recourue  

Mardi 20 juin 1933 - Paris (Vélodrome du Parc des Princes)

La pluie interrompt  à nouveau la course qui est arrêtée au  162ème tour  sur 220.

  -03 René Brossy

entr. Henri Saugé

73,650 km

  -06 Charles Lacquehay

entr. Marcel Besson

  à   40 mètres

  -01 Georges Wambst

entr. Joseph Paillard

  à  300 mètres

  -05 Robert Grassin

entr. Maurice Ville

  à  400 mètres

  -04 André Raynaud

entr. Victor Philippe

  à   1 tour  20 mètres

  -02 Georges Paillard

entr. Maurice Guérin

  à   5 tours

La course : Les coureurs partent dans l’ordre inchangé avec Georges Wambst en première position. Paillard, parti deuxième ne tarde pas à prendre la tête et atteint les dix kilomètres en 08'15"3/5 devant Lacquehay, G.Wambst, Brossy, Raynaud et Grassin.

Plusieurs fois, Lacquehay tente de prendre le commandement, sans y parvenir.

Il laisse alors passer G.Wambst, puis revient à l’assaut et après un terrible coude à coude de trois tours, Paillard doit s’incliner. Mais cet effort a été préjudiciable à Lacquehay qui a décollé légèrement et ne peut empêcher Brossy, revenu en trombe, de s’installer à la première place. Les 20 km sont couverts en 15'25"2/5 par Brossy qui double Paillard. Lorsqu’il arrive à nouveau sur Paillard, Lacquehay rencontre de la part de celui-ci une résistance opiniâtre, mais il est magnifique et pour la deuxième fois, Paillard est vaincu.

Brossy mène toujours le lot, les 30 km en 24'28" et les 40 km en 32'49"1/5. Dans les dix kilomètres suivants Paillard perd un deuxième tour, puis un troisième et un quatrième enfin sur Brossy et le groupe, tandis que les positions restent inchangées, les 50 km en 41'31"3/5 et les 60 km en 50'05" par Brossy que Lacquehay attaque vigoureusement.

Brossy résiste et Lacquehay s’y prend une deuxième fois, sans plus de succès et de nouveau, la pluie survient après les 70 km. La pluie a arrêté la troisième épreuve du championnat de France de demi-fond au soixante-treizième kilomètre.

Les stayers devront donc recommencer jeudi. Au moment où la course prenait fin, Brossy était en tête devant Lacquehay. Le poulain de Saugé avait jusque-là fait montre de merveilleuses qualités. Et bien que son rival ne se fut pas encore avoué vaincu, rien ne prouve que Brossy n’aurait pas résisté jusqu’au centième  kilomètre. Ceux qui avait vu Brossy lors de sa dernière sortie devaient être étonnés de cette subite amélioration. Lacquehay a été encore lui-même.

Sa lutte avec Paillard fut de nouveau une merveille du genre, le tenant du titre se défendant avec plus d’acharnement encore que les fois précédentes. Georges Wambst et Grassin ont été bons et ne furent pas doublés. Quant à Raynaud, il fit de son mieux mais faiblit brusquement. Que dire de Paillard qui semblait jusqu’à la mi-course, avoir retrouvé tous ses moyens ? Peut-être que la prochaine fois …

 

Communiqué Jeudi 22 juin : A partir de 17h 30, on essaiera de faire courir la troisième épreuve du championnat de France de demi-fond. Rappelons que l’ordre de départ a été déterminé par le tirage au sort et demeure fixé comme indiqué dans le programme, bien que plusieurs concurrents aient demandé avant-hier à la commission sportive de l’UVF d’adopter pour le nouveau départ, l’ordre de classement au soixante-treizième kilomètre mardi soir.

Le président de la commission sportive dut se borner à répondre que le règlement ne prévoyait qu’un seul ordre de départ tiré au sort et que celui-ci devait être respecté à chaque nouveau départ.

 

 

 

 

 

TROISIEME EPREUVE  recourue

Jeudi 22 juin 1933 - Paris (vélodrome du Parc des Princes)

1-06 Charles Lacquehay

Entr. Marcel Besson

100 km en 1h 19'44"4/5

2-04 André Raynaud

Entr. Victor Philippe

  à   1 tour   325 mètres

3-02 Georges Paillard

Entr. Maurice Guérin

  à   2 tours 300 mètres

4-05 Robert Grassin

Entr. Maurice Ville

  à  2 tours 400 mètres

5-03 René Brossy

Entr. Henri Saugé

  à  3 tours 250 mètres

6-01 Georges Wambst

Entr. Joseph Paillard

  à  3 tours 350 mètres

La course : Georges Wambst part en tête. L’ordre des départs comme les jours précédents est : G. Wambst, Paillard, Brossy, Raynaud, Grassin, Lacquehay.

Cinq tours sans changement, puis Lacquehay et Grassin remontent et alternent en troisième position derrière Paillard. Celui-ci ne se laisse pas approcher par Grassin, puis il réplique à l’offensive de Lacquehay qui décolle.

G. Wambst se maintient en tête aux 10 km en 8'22"4/5 et s’en va à belle allure au train, tandis que Paillard repousse un nouvel assaut, de Raynaud cette fois, lequel décolle et rétrograde. Paillard prolonge alors son effort, accélère et passe Wambst, prenant ainsi le commandement. Au passage des 20 km en 15'58"4/5 par Paillard, Lacquehay est à 50 mètres, G.Wambst à 100 mètres, Raynaud à 150 mètres, Brossy à 250 mètres, Grassin à 400 mètres.

A plusieurs reprises, Lacquehay part attaquer Paillard mais chaque fois celui-ci répond avant d’être atteint par son assaillant. Le duel entre les deux adversaires est poignant ; on atteint les 30 km: 23'51"1/5 par Paillard. C’est une nouvelle attaque de Lacquehay qui vient presque à la hauteur de Paillard mais celui-ci démarre et garde l’avantage, les 40 km en 31'46"2/5. Derrière, Brossy crève tandis que Raynaud passe G.Wambst à l’arraché, les deux hommes étant décollés ensemble de plus de cinq mètres.

Mais l’attention est à nouveau attirée par le duel Paillard-Lacquehay. Ce dernier est revenu une fois de plus à la charge et Paillard, après avoir résisté un tour, doit laisser passer Lacquehay qui peu après double Grassin sans que celui-ci oppose la moindre résistance. Comme « Toto » venait durant quarante kilomètres de barrer la route à Paillard, le public le conspue violemment pour ne pas avoir cherché à résister à Lacquehay. Pendant ce temps, Raynaud est passé en deuxième position. Voici d’ailleurs l’ordre des passages à la mi-course: 1.Lacquehay, les 50 km en 39'40"4/5 ; 2.Raynaud à 150 mètres; 3.Paillard à 200 mètres; 4.G.Wambst à 1 tour; 5.Grassin à 1 tour; 6.Brossy à 3 tours.

 

A nouveau, le duel reprend lorsque Lacquehay vient pour doubler Paillard lequel résiste tout d’abord. Mais Lacquehay réussit à doubler son rival avant les 60 km qu’il couvre en 47'22"1/5. Ensuite, Lacquehay qui semble un peu fatigué laisse Brossy se dédoubler. Après le cap des 70 km qu’il passe en 57'33"1/5, Lacquehay « renait » lorsque Brossy vient pour se dédoubler une seconde fois. Les 80 kilomètres sont parcourus 1h 03'40"1/5 par Lacquehay qui tourne maintenant avec aisance et prend un deuxième tour à G.Wambst, puis à Grassin et double enfin Raynaud qui était le seul à ne pas l’avoir été.

Aux quatre-vingt-dix kilomètres (1h 11'48"1/5), Lacquehay prend un deuxième tour à Paillard. C’est fini. Lacquehay est désormais tout seul et ne peut plus être inquiété.

Après une terrible bataille avec le détenteur du titre, Charles Lacquehay enlève la troisième manche du championnat de France de demi-fond.

Les quelques dix-mille spectateurs présents n’ont certainement pas regretté leur déplacement. On a fini par courir les 100 kilomètres sans arrêt. Ce fut un duel implacable dans lequel le champion sortant était soutenu par la volonté de sauver son maillot tricolore, tandis que Lacquehay était poussé par l’objectif bien arrêté d’éliminer définitivement de la compétition un Paillard dont le lent mais sur retour n’était pas sans l’inquiéter pour la finale décisive à courir le mois prochain. Les réactions des autres protagonistes, comme Grassin, ne furent pas sans venir gêner l’un plus que l’autre des deux belligérants. Le public s’indigna d’ailleurs à certain moment de ce que Grassin qui avait fait lutter Paillard, laissât passer Lacquehay sans combattre. « Toto » répond que, lui aussi visait à éliminer Paillard et que sa tactique n’était nullement anti-réglementaire.

 

Pour Paillard, la tâche fut dure de répondre aux incessantes attaques de Lacquehay … et celle de celui-ci, donc, qui, dix fois vint dans le vent de son de son adversaire sans pouvoir passer. Lacquehay a gagné et il est bien le meilleur stayer Français de l’heure actuelle mais ce fut là sans doute sa plus difficile victoire de la saison.

Georges Paillard a perdu le maillot tricolore mais il a montré que son retour en forme s’accentuait et qu’il ne tarderait pas à redevenir le brillant stayer qui, l’an dernier était invincible sur cette même piste. Les autres concurrents furent courageux, Raynaud surtout, qui souffre toujours de la selle après le cinquantième kilomètre.

Grassin affirma qu’il tient bien les 100 kilomètres en plein air et qu’il sera un adversaire dangereux pour Lacquehay dans le match à deux sur cent kilomètres que constituera la finale du championnat le 16 juillet.

Georges Wambst continue de progresser dans son nouveau métier et Brossy, victime d’une crevaison confirma sa belle performance de mardi dernier. Il fut le seul, sur la fin, à se dédoubler sur Lacquehay.

 

 

 

 

EPREUVE FINALE

Dimanche 16 juillet 1933 - Paris (vélodrome du Parc des Princes)

 

1-02 Charles Lacquehay

Marcel Besson

 100 km  en  1h 21'25"

2-01 Robert Grassin

Maurice Ville

 à 1 tour 330 mètres 

La course : Tiré au sort, le départ place Grassin devant Lacquehay. Grassin file dès le début et résiste jusqu’au 55ème kilomètre aux assauts de Lacquehay.

En effet, à six reprises , Lacquehay vient attaquer Grassin.

A chaque fois, nous assistons à un magnifique coude-à-coude durant 2 ou 3 tours au terme desquels Grassin garde l’avantage et Lacquehay doit céder.

Ce que voyant, Lacquehay change de tactique et se contente de suivre son adversaire. Au 50ème kilomètre la lutte reprend, et Lacquehay engage une longue attaque.

Grassin est presque passé , mais pas entièrement et Lacquehay ne fléchit pas. Enfin 2 tours sont à nouveau couverts roue dans roue. Les entraîneurs emballent les motos, Lacquehay prend l’avantage et le voici donc en tête après 55 kilomètres.

Aux 70 km (57'11"), Grassin attaque à son tour mais Lacquehay résiste énergiquement et atteint les 80 km en 1h 05'17" précédant Grassin de plus de 150 mètres.

Dès lors Lacquehay est maitre de la situation car il augmente son avance et parvient à doubler Grassin au 90ème  kilomètre. Lacquehay a pris un tour d’avance qu’il conserve jusqu’au bout malgré le sprint final de son adversaire.

 

Ce championnat des 100 kilomètres fut de toute beauté. Lacquehay gagna de haute lutte, formidable de régularité et de grande efficacité.

Grassin contribua par sa combativité à rendre passionnante cette longue course, opposant une belle défense, de la façon dont il résista aux attaques féroces de son vainqueur jusqu’à la mi-course et par le superbe effort qu’il produisit à la fin.

 

La réunion tricolore qui voit Michard s’adjuger son sixième  titre national professionnel des sprinters en détrônant le tenant, Gérardin est conclue par le Grand Prix d’été, une épreuve de demi-fond en deux  manches de trente kilomètres.

Auguste Wambst, déclaré vainqueur à la distance l’emportera de justesse devant Georges Paillard (une victoire et une seconde place chacun). Erich Metze, Erich Moeller et Jean Maréchal. étaient les autres participants de cette confrontation franco-allemande un peu plus attrayante pour le public qu’une ronde de 100 kilomètres à deux concurrents.

 

Nota :  Robert Grassin révèlera après la guerre que la course n'avait pas été sincère, et "arrangée" pour agrémenter ce match à deux qui risquait d'être d'un ennui mortel pour le public.

 

Sources : Le quotidien L’AUTO, source principale de cette recherche indique les noms des entraîneurs à tous les stades de la compétition . Etude intégrant la contribution antérieure de Patrick Police pour la finale et les révélations après-guerre de Robert Grassin (sources : les hebdomadaires CYCLO-SPORT et BUT-ET-CLUB)

 

 

 



19/01/2018
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