STAYER-FR PALMARES

STAYER-FR PALMARES

CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND 1932

 

Travail réalisé par François Bonnin

Toute reproduction – partielle ou non – de ce travail devra faire l’objet d’une demande spécifique auprès de STAYER FR

 

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND 1932

 

Les engagements pour le championnat de France de demi-fond ont été clos le mercredi 13 Avril 1932.

Vingt-six coureurs ont fait parvenir leur candidature : Georges Paillard (champion de France), Robert Grassin, Charles Lacquehay, Auguste Wambst , René Brossy, Henri Sausin, François Vallée, André Raynaud, Ernest Catudal, Gabriel Marcillac, Maurice Bonney, Henri Gaillard, Roger Couturier, Soudères, Louis Aubert, Louis Teston, Igor Troubetzkoy, Robert Toussaint, Paul Puechon, James Aubert, Jean Maréchal, Aimé Constant, Raymond Beyle, Alexis Blanc-Garin, René Maronnier, Hilaire Bertellin.

Dans sa séance du 13 Avril, la commission sportive de l’U.V.F. a pris connaissance de la liste des concurrents inscrits. Après examen de cette liste , les commissaires ont décidé d’écarter les candidats suivants : Henri Gaillard (entr. : … Adrien); Roger Couturier (entr. : Parisot); Soudères (entr. :Lavalade); Louis Aubert (entr. : … Moreau) ; Igor Troubetzkoy (entraîneur : … Broussard) *. Puis, la commission a procédé à la composition des trois  séries.  Le tirage au sort de l’ordre des départs pour les séries pour lequel les concurrents étaient priés d’être présents ou de se faire représenter, a été effectué le vendredi 15 Avril à 16 heures, à la direction du Vel’ d’hiv’.

 

* Le jeune Igor Troubetzkoy, prince Russe naturalisé Français qui fut champion de France scolaire-universitaire sur route (1931) s’était mis à l’entraînement derrière moto dans l’espoir de débuter à l’occasion du championnat de France mais la commission sportive de l’U.V.F. qui ne veut pas de débutant dans les éliminatoires  du championnat n’a pas retenu sa candidature. Et Troubetzkoy qui s’en vint de Nice à Paris par la route sans avoir attendu la décision de la commission sportive est arrivé dans la soirée du samedi 16 Avril avec son entraîneur , Broussard.

 

 

 

ELIMINATOIRES

Les séries éliminatoires du championnat de France de demi-fond ont été disputées dans le cadre des deux journées du meeting  d’inauguration du nouveau stade-vélodrome du Parc des princes  (454,54 mètres), les samedi 23 et dimanche 24 Avril  1932.

1ère série -  Samedi 23 Avril 1932 Paris - vélodrome du Parc des Princes

  1-03 Charles Lacquehay

entr. Marcel Besson

les 100 km en 1h 23'37"

  2-05 Alexis Blanc-Garin

entr. Maurice Jubi

  à   2 tours 100 mètres

  3-06 Raymond Beyle

entr. Maurice Ville

  à   2 tours 250 mètres

  4-01 Auguste Wambst

entr. Pierre Deliège

  à   3 tours

  5-07 Hilaire Bertellin

entr. Jean Siterre

  à 18 tours

  6-02 Maurice Bonney

entr. …   Colin

  à 18 tours 100 mètres

N.P.-04 Ernest Catudal

entr. Vitale Manera

Forfait *

* A la fin de la séance d’entraînement du jeudi 21 avril, Catudal, entraîné par V. Manera a fait une chute ; transporté à l’hôpital Boucicaut, il a été diagnostiqué une fracture de la clavicule.

La course : Auguste Wambst part en tête devant Bonney, Lacquehay, Blanc-Garin, Beyle et Bertellin.

Dès la prise d’entraîneurs, Bonney rétrograde en quatrième position, tandis qu’A. Wambst creuse l’écart et double bientôt Bertellin et Bonney, ce dernier fermant à présent la marche. Beyle oppose un peu plus de résistance au leader, obligé de s’employer mais il doit finalement s’incliner.

Aussi, lorsque A. Wambst atteint les 10 km (en 8'36"3/5), seuls Lacquehay et Blanc-Garin n’ont pas été doublés. Mais Beyle ne renonce pas, il revient à la charge et au prix d’un bel effort, parvient à se dédoubler, de sorte qu’après les 20 km, les positions sont les suivantes : 1.A. Wambst en 16'50"4/5 ; 2.Lacquehay à 225 m ; 3.Blanc-Garin à 400 m ; 4.Beyle à 425 m ; 5.Bertellin à 1 tour 1/2 ; 6.Bonney à 2 tours.

Lacquehay se rapproche progressivement de Wambst, imité par Blanc-Garin; les 30 km en 25'22"2/5. Peu après, Lacquehay ravit irrésistiblement le commandement à A. Wambst ; 35,850 km dans la demi-heure.

A. Wambst, opiniâtre, résiste d’abord victorieusement à l’assaut de Blanc-Garin puis reprend bientôt la première place à Lacquehay, et ainsi repasse en tête aux 40 km en 33'34"1/5. Et c’est à nouveau un chassé-croisé : Lacquehay « saute » Wambst alors que Blanc-Garin qui fournit un terrible effort, échoue et doit se replacer, les 50 km en 41'54"2/5 par Lacquehay.

Après la mi-course, Lacquehay s’envole littéralement. Il double coup sur coup Beyle et Blanc-Garin , mais se réserve par trop visiblement en arrivant à la hauteur de Wambst. Il se décide enfin à le doubler et poursuit sa ronde dans son style coulé qui lui est si personnel.

Lacquehay passe successivement les 60 km en 50'1"3/5, les 70 km en 58'9"4/5, 72.270 km dans l’heure et les 80 km en 1h 6'19"2/5.Lacquehay n’a plus maintenant d’adversaire à sa taille. Il possède trois tours d’avance sur Auguste Wambst, Beyle et Blanc-Garin, quinze sur Bertellin et seize sur Bonney. Beyle perd un quatrième tour peu avant les 90 km (1h 14'43").

Blanc-Garin qui poursuit Wambst depuis plusieurs tours vient attaquer celui-ci, vainement. Wambst , contraint de venir à la hauteur de Beyle passe ce dernier. Rapidement Beyle récupère sa position et voici Blanc-Garin qui récidive contre Wambst. La lutte entre les deux est acharnée, mais Lacquehay surgit et vient se placer entre les deux antagonistes, gênant manifestement l’effort de Blanc-Garin. Les trois  hommes décollent (sous les hurlements d’indignation du public). Avec un courage admirable, Blanc-Garin est le premier à reprendre le contact  du rouleau, et il prend enfin le dessus sur Wambst complètement « vidé » de ses forces, tandis que Lacquehay perd deux tours de son avance. Et la  fin arrive. Lacquehay et Blanc-Garin se qualifient alors que Beyle termine très près.

La foule conspue Lacquehay et Wambst lesquels regagnent le quartier des coureurs. Blanc-Garin et Beyle, follement acclamés font un tour d’honneur.

Si Lacquehay était dans une telle condition physique que sa qualification ne faisait aucun doute, la régularité de l’épreuve eut à souffrir des manœuvres auxquelles il se livra dans les vingt derniers tours avec Auguste Wambst.

Dès les premiers kilomètres, l’entente Wambst-Lacquehay apparut flagrante, s’ingéniant à mettre hors de course leurs concurrents les plus dangereux, Blanc-Garin et Beyle. Mais ces deux derniers parvinrent, grâce à la science de leurs entraîneurs respectifs, Jubi et Ville, à déjouer ces manigances et par son ardente volonté, Blanc-Garin se retrouve qualifié pour les ultimes épreuves du championnat de France.

 

 

 

 

 

2ème série - Dimanche 24 Avril 1932 - Paris - vélodrome du Parc des Princes

  1-03 Jean Maréchal  

entr. Maurice Jubi

les 100 km en 1h 23'33"4/5

  2-05 René Brossy

entr. Joseph Paillard

  à   7 tours  230 mètres

  3-04 Gabriel Marcillac

entr. Maurice Ville,

  à   7 tours  400 mètres            

  4-07 Henri Sausin

entr. Victor Philippe

  à 12 tours

  5-02 Robert Grassin

entr. Henri Saugé

  à 20 tours

N.C. 06  Robert Toussaint

entr. Léon Vanderstuyft (BEL)

Abandon 79 km

N.C.0 1  Louis Teston

entr. … Colin

Abandon 69 km

La course : Teston, suite au tirage au sort, part en premier suivi de Grassin, Maréchal, Marcillac, Brossy, Toussaint et Sausin.

A la prise   des entraîneurs, Grassin part à fond, s’empare de la première place et file devant Maréchal, Teston, Marcillac, Toussaint, Sausin et Brossy. Maréchal attaque bientôt Grassin, qu’il fait décoller, et le voici en tête.

Il double Teston mais échoue contre Toussaint, les 10 km en 8'45".

 Sausin, victime d’une panne de moto, perd deux tours et Grassin, trois sur changement de bicyclette. Maréchal, toujours premier passe les 20 km en 17'24".

Il prend un quatrième tour à Grassin. Maréchal poursuit sa ronde, le voici qui double Toussaint, Brossy puis Marcillac et il est désormais seul en tête aux 30 km qu’il atteint en 25'35"2/5.

Après la demi-heure (35,250 km) , Grassin est doublé pour la cinquième fois par Maréchal, les 40 km en 33'58"3/5. Le leader est à présent déchaîné ! Il prend un second tour à Marcillac et un sixième à Grassin qui décolle une fois de plus.

Aux 50 km (41'57"2/5), Maréchal a deux tours d’avance sur Marcillac et Brossy, trois sur Toussaint, cinq sur Sausin, huit sur Grassin et treize sur Teston.

Au cap des 60 km, Maréchal (50'7"3/5), ne peut plus être inquiété.

Il a quatre tours d’avance sur ses suivants immédiats, Marcillac et Brossy, et il maintient sa progression sans faiblir. Teston qui compte dix-neuf tours de retard abandonne peu avant les soixante-dix km, que passe Maréchal en 58'32"4/5; 71,670 km dans l’heure et les 80 km en 1h 0'50"3/5.

 Toussaint vient d’abandonner après une chute. La course est monotone du fait de la nette supériorité de Maréchal qui fait absolument ce qu’il veut, les 90 km en 1h 15'11"4/5. Et arrivent les derniers tours durant lesquels au prix d’un courageux effort, Brossy souffle la seconde place à Marcillac.

Devant quelque vingt-mille spectateurs, Jean Maréchal, dans un style prometteur, s’est mis en mesure de tourner avec entrain autour de ses adversaires médusés ; dans le sillage de Maurice Jubi, il ne rencontra aucune résistance et afficha un remarquable état de fraîcheur à l’issue des 100 kilomètres.

Robert Grassin, premier à la prise d’entraîneur, n’était pas à son affaire avec un développement trop grand et se démoralisa subitement. Dès qu’il eut changé de machine, il se contenta de terminer et le voici éliminé du championnat de France. En fin de course, si Brossy vint à bout de Marcillac, celui-ci défendit âprement sa position, alors qu’à dix tours de la fin, il était encore qualifié. Le Rémois Toussaint fut vaillant mais abandonna, victime d’une chute. Henri Sausin fut malchanceux et Teston, sans inspiration.

 

 

 

 

3ème série - Dimanche 24 Avril 1932 - Paris - vélodrome du Parc des Princes

 

  1-06 Georges Paillard

entr. Maurice Guérin

100 km en 1h 20'57"4/5

  2-07 François Vallée

entr. Maurice Ville

  à 12 tours 100 mètres

  3-03 Aimé Constant

entr. Henri Demenou

  à 12 tours 120 mètres

  4- 02 René Maronnier

entr. Maurice Jubi

  à 13 tours 200 mètres

  5- 04 André Raynaud

entr. Victor Philippe

  à 13 tours 300 mètres

  6-01 James Aubert

entr. Raymond Massal

  à 15 tours

  7-05 Paul Puechon

entr. Daniel Lavalade

  à 22 tours

La course : L’ordre des départs a été fixé comme suit : James Aubert, devant Maronnier, Constant, Raynaud, Puechon, Paillard et Vallée.

La prise d’entraineurs voit Raynaud prendre le commandement, tandis que Paillard, depuis l’avant-dernier rang regagne sans cesse des places ; et le voici bientôt second, lancé à la poursuite de Raynaud qu’il rejoint et passe facilement. Paillard double bientôt Vallée, puis Puechon. Constant et James Aubert attaquent en même temps Raynaud, mais alors que Constant passe, James Aubert décolle. Maronnier, lui aussi dépasse Raynaud et Paillard prend un tour à ce dernier, les dix km en 8'6"4/5.

Paillard compte à présent un tour d’avance sur ses rivaux les plus proches, deux sur Vallée et trois sur Puechon. Poursuivant à toute allure, Paillard ne tarde pas à porter cette avance à trois tours sur ses suivants immédiats au seuil des 20 km couverts en 16'12"3/5.

La première place semble désormais bien acquise à Paillard, mais la lutte est vive derrière le champion de France. Aux 30 km, accomplis en 24'9", Constant, Aubert, Maronnier et Raynaud sont maintenant à cinq tours. Quant à Vallée, il est à six tours et Puechon à huit. Paillard continue son «cavalier seul » : 37,270 km dans la demi-heure, 40 km en 32'10"1/5, 50 km en 40'17"4/5. Il a porté son avance à huit tours sur le groupe des quatre auquel s’est joint Vallée, toujours sixième, mais qui leur a donc repris un tour. Puechon ferme la marche à douze tours.

Les 60 km sont atteints par Paillard en 48'24"1/5. Constant, revient attaquer de sa deuxième position Vallée, qui se défend avec énergie pour éviter d’être doublé et le Marseillais est obligé de rentrer dans le rang.

Paillard poursuit inexorablement sa marche, les 70 km en 56'21", 74,350 km dans l’heure. La lutte se poursuit, âpre et sévère entre Maronnier, James Aubert, Vallée, Constant et Raynaud, car tous les cinq sont à huit tours de Paillard et cherchent la qualification. Toutefois, Vallée fait preuve maintenant d’une légère supériorité. Paillard continue sa ronde triomphale et passe les 80 km en 1h 04'42".

Vallée est à présent deuxième et défend sa place, les 90 km en 1h 13'3"1/5 par Paillard. Dans les derniers tours, Paillard sprinte et termine étonnamment frais, accentuant encore son avance. Le match pour la deuxième place se joue entre Vallée et Constant . Et Vallée l’emporte à l’arraché.

Georges Paillard, dans une forme extraordinaire s’employa à passer en tête le plus tôt possible, et à partir de là, domina ses adversaires de la tête, des épaules et du tronc ! Il accumula les tours aux dépens de ses concurrents, Vallée, Constant, Maronnier, Raynaud et James Aubert, lesquels luttaient avec ardeur les uns contre les autres à tour de rôle, sans distinction. Conduit par Maurice Ville, Vallée s’est qualifié mais le Marseillais Constant a été digne de lui. Maronnier a bien tenu la distance. André Raynaud a pris un bon départ, mais il en ressentit les effets néfastes sur la fin. James Aubert a été courageux. Puechon ne fut jamais dans l’allure.

 

 

A l’issue des trois séries éliminatoires , les deux premiers classés de chaque série restent qualifiés pour les trois épreuves du championnat de France de demi-fond. Raymond Beyle qui fournit dans la première série une très belle course et s’est classé troisième  en réalisant un meilleur temps que les seconds des autres séries devrait, de l’avis général, être également qualifié.

Au lendemain des deux journées de compétitions, les commentaires allaient bon train au quartier des coureurs où l’on notait au hasard des différents groupes, la présence de la plupart des acteurs des séries éliminatoires des 100 kilomètres. Et chacun était unanime pour affirmer que la commission sportive qui en possède le pouvoir, serait bien inspirée de repêcher Raymond Beyle.

 

Conformément au règlement du championnat de France de demi-fond, la commission sportive de l’U.V.F. se réserve toujours le droit de qualifier pour les trois épreuves du championnat le ou les concurrents qui lui paraitraient dignes d’être qualifiés et qui auraient été éliminés par malchance ou maladie au cours des séries éliminatoires. Dans sa séance du mercredi soir 27 Avril la commission a estimé qu’aucun des coureurs battus ne se trouvait dans les conditions nécessaires pour justifier son repêchage.

Les trois épreuves du championnat de France de demi-fond réuniront donc les deux premiers de chacune des trois série éliminatoires, à savoir : Lacquehay et Blanc-Garin, qualifiés par la première série; Maréchal et Brossy, qualifiés par la deuxième; et Paillard et Vallée qualifiés par la troisième.

 

A la suite des manœuvres d’obstruction constatées lors de la première éliminatoire, la commission sportive de l’U.V.F., sur la demande des commissaires de course, a infligé une amende de 1 000 francs à l’entraineur Besson et une suspension de 8 jours du 9 au 16 Mai, sanctions publiées au journal officiel de l’U.V.F. (jeudi 5 mai 1932).

Le coureur Lacquehay, tenu pour responsable en partie des actes de son entraîneur est également sanctionné (1 000 francs d’amende).Ont aussi été pénalisés sur demande des commissaires de course les entraineurs Maurice Ville (100 francs d’amende : a modifié sa tenue d’entraîneur dans la troisième série; 200 francs d’amende : par deux fois a quitté sa ligne alors qu’il était attaqué par un concurrent) et Pierre Deliège (300 francs d’amende : par trois fois, a quitté sa ligne alors qu’il était attaqué par un concurrent).

 

 

 

 

 

 

FINALE

 

Suite à la suspension de son entraîneur, Besson, pour la première épreuve du championnat, Lacquehay sera entraîné par Deliège.

 

1ère épreuve - Dimanche 15 Mai 1932 - Paris - vélodrome du Parc des Princes - 100 km

  Course  interrompue  par la  pluie au 176ème tour  sur 220 (80 km)

 

-04 Georges Paillard

Maurice Guérin

 

 

-06 Charles Lacquehay

Pierre Deliège

  à   50 mètres

 

-01 Jean Maréchal

Maurice Jubi

  à   1 tour   70 mètre

 

-03 René Brossy

Joseph Paillard

  à   1 tour  200 mètre

 

-02Alexis Blanc-Garin

Jean Thomann

  à   4 tours

 

-05 François Vallée

Henri Saugé

  à 11 tours

 

La course : L’ordre au départ est le suivant : Maréchal, Blanc-Garin, Brossy, Paillard, Vallée et Lacquehay. Dès le coup de pistolet, Paillard passe Brossy et Blanc-Garin et vient talonner Maréchal qui s’enfuit.

Lacquehay qui a suivi Paillard de près est maintenant troisième. L’allure est très vive, Maréchal atteint les 10 km en 8'10"2/5 (record) et précède Paillard, Lacquehay Blanc-Garin, Vallée et Brossy.

La ronde se poursuit alors, monotone bien que l’allure reste soutenue. Chaque coureur reste sur sa position et Maréchal passe les 20 km en 16'30"3/5.

Au vingt-cinquième km, Paillard attaque Maréchal, un duel farouche s’engage et après deux tours de coude-à-coude , Paillard passe. Lacquehay qui a suivi la lutte de loin, sprinte alors et vient ravir, non sans résistance, la seconde place à Maréchal. Paillard mène, réalisant 24'48" aux 30 km. A son tour, Blanc-Garin dépasse Maréchal, prend la troisième place, mais éprouvé par l’effort, la reperd aussitôt au profit du même Maréchal. A l’arrière, François Vallée décolle, perd un tour, s’arrête et repart avec sept tours de retard.

En tête les positions sont inchangées, 36 km sont couverts par Paillard dans la demi-heure, les 40 km en 33'1"3/5, les 50 km en 41'17"1/5. A la mi-course, Lacquehay se trouve à 45 mètres, Maréchal à 120 mètres, Brossy à 400 mètres, Blanc-Garin à un tour, Vallée à huit.

De nouveau la course est devenue monotone, personne n’osant attaquer. Paillard abat les 60 km en 50'2"3/5. Peu après, Maréchal se lance à l’attaque et pousse Lacquehay sur Paillard, mais l’allure est trop vive et personne ne passe. Blanc-Garin, doublé perd un deuxième tour. Paillard couvre les 70 km en 58'31"3/5 et 72,270 km dans l’heure. Brusquement, Paillard part au sprint, effectue plusieurs tours à une cadence fantastique et arrive sur Maréchal qu’il double sans coup férir. La pluie se met alors de la partie et la course est arrêtée au quatre-vingtième km.

 

Malgré le temps incertain et orageux, la première journée des championnats de France sur piste avait attiré une très grosse affluence. Lorsqu’une malencontreuse averse vint interrompre le championnat de France de demi-fond, Paillard qui se trouvait en tête s’était montré une fois de plus supérieur. Mais Lacquehay qui l’avait alors suivi comme son ombre en profitant de la voie ouverte et n’avait jusqu’ici fourni aucun effort sérieux pouvait encore inquiéter dangereusement le champion de France.

Maréchal, après un très bon début, mena jusqu’au tiers de la course battant au passage le record des 10 km. Mais au moment de l’arrêt, il ne pouvait par contre plus prétendre à la victoire, car il commençait à se ressentir de ses efforts et peinait visiblement. Brossy, en réels progrès, marchait très bien et semblait tenir parfaitement la distance. Blanc-Garin ne réédita pas sa belle course de l’éliminatoire et déçut, de même que Vallée, mais il faut rappeler que tous deux ne disposaient pas de leurs entraîneurs habituels.

 

 

Pour la reprise de la 1ère épreuve, Lacquehay retrouve son entraîneur habituel, Besson, dont la suspension est terminée.

 

1ère épreuve finale  recourue Jeudi 19 Mai 1932

 

1-04 Georges Paillard

entr. Maurice Guérin

100 km en 1h 24'45"4/5

2 06 Charles Lacquehay

entr. Marcel Besson

  à   25 mètres

3-01 Jean Maréchal

entr. Maurice Jubi

  à 2 tours 430 mètres

4- 05 François Vallée

entr. Henri Saugé

  à 5 tours 200 mètres

5-03 René Brossy

entr. Joseph Paillard

  à 6 tours 180 mètres

6-02 Alexis Blanc-Garin

entr. Jean Thomann

  à 9 tours

La course : Le début de course est la répétition du dimanche, l’ordre au départ du tirage au sort étant le même : Maréchal file en tête et Paillard, toujours suivi de Lacquehay remontent vers les deuxième et troisième places, à la faveur d’un début très rapide.

Blanc-Garin, fatigué par cette allure ultra rapide est passé par Brossy et rétrograde de la deuxième à la cinquième place. Maréchal mène aux 10 km (8'35"4/5) devant Paillard, Lacquehay, Brossy, Blanc-Garin et Vallée.

Pendant vingt tours, s’engage derrière Maréchal, un chassé-croisé opposant Paillard à Lacquehay. Ce dernier pousse deux attaques, la première infructueuse qui le voit décoller, et la seconde couronnée de succès. Pour peu de temps car Lacquehay décolle une fois de plus et Paillard reprend sa deuxième place derrière Maréchal qui passe les 20 km en 16'55"4/5. Lacquehay repart au sprint et cette fois c’est Paillard qui décolle, Lacquehay le « sautant » alors sans grand mal.

Derrière eux, Brossy reste quatrième, mais Vallée a passé Blanc-Garin.

Lacquehay se lance à présent à l’offensive contre Maréchal qui résiste. Lacquehay ne peut passer et doit rentrer dans le rang. Maréchal, dans la foulée, double Blanc-Garin et atteint les 30 km en 25'26"1/5. Lacquehay repart à l’attaque de Maréchal, mais toujours en vain. Et Maréchal continue de tenir la tête, les 40 km en 34'8"3/5, 35,469 km dans la demi-heure, les 50 km en 43'17"4/5.

Peu après la mi-course, Lacquehay repasse à l’offensive. Il décolle puis insiste et c’est au tour de Maréchal de quitter le rouleau et de céder le commandement. Lacquehay est enfin premier, mais derrière, arrive Paillard qui passe facilement Maréchal, poursuit son effort et « saute » Lacquehay. L’ordre est alors le suivant aux 60 km : Paillard (51'39"2/5), Lacquehay à 30 mètres, Maréchal à 50 mètres, Brossy à 400 mètres, Vallée à un tour, Blanc-Garin à deux tours.

Peu après les 60 km, Brossy perd un tour. Maréchal contre-attaque et pousse Lacquehay sur Paillard, mais celui-ci prend le large et revient sur Vallée qui, bien que doublé lui résiste. Paillard passe quand même, imité par Lacquehay qui s’est rapproché dans l’action. Paillard repousse le retour de Lacquehay. L’allure, toujours rapide, ramène Paillard sur Maréchal qu’il ne tarde pas à doubler.

On arrive aux 70 km en 59'46"1/5 par Paillard et à l’heure de course (70,400 km). Brossy, pourtant à trois tours, fait lutter Maréchal et l’empêche de passer. Paillard passe les 80 km en 1h 8'11"2/5 suivi de Lacquehay. Tous deux doublent Maréchal que Brossy fait décoller plusieurs fois. Maréchal réussit enfin à sauter Brossy, les 90 km en 1h 16'38" par Paillard. La fin de course est marquée par une allure excessivement rapide. Lacquehay talonne toujours Paillard et part plusieurs fois à l’attaque pour finir à vingt-cinq mètres du vainqueur. Paillard, Lacquehay et Maréchal sont très applaudis.

 

Paillard enlève après une magnifique bataille la première épreuve du championnat de France de demi-fond devant douze mille spectateurs. Ayant cédé à l’attaque de Lacquehay au vingt-cinquième kilomètre, Paillard revenait d’une allure souple et puissante, collé au rouleau de la moto de Guérin pour prendre la tête au soixantième kilomètre. Lacquehay, leader éphémère juste avant, après avoir « croisé le fer » avec Paillard tout au long de la première moitié de course fut ensuite crédité d’un bel exploit, ne quittant jamais de vue le leader. Maréchal produisit une belle course ; démarrant en tête, il résista à toutes les attaques jusqu’au cinquantième kilomètre. Après avoir été doublé, il tint encore son rôle mais se heurta à la course de barrage de Brossy. Les autres concurrents furent dans l’incapacité de suivre le rythme soutenu imprimé dès le départ et largement distancés.

 

 

 

 

 

 

2ème épreuve - Dimanche 5 Juin 1932 - Paris - vélodrome du Parc des Princes

 

1-01 Georges Paillard

entr. Maurice Guérin

les 100 km en 1h 25'25"

2 03 Charles Lacquehay

entr. Marcel Besson

  à 180 mètres

3-04 Jean Maréchal

entr. Maurice Jubi

à 220 mètres

4-06 Alexis Blanc-Garin

entr. Henri Lallier

  à 330 mètres

5-05 François Vallée

entr. Victor Philippe

  à 336 mètres

6-02 René Brossy

entr. Joseph Paillard

  à 400 mètres

La course : Désigné numéro 1 par le tirage au sort, Paillard s’élance en tête devant Brossy, Lacquehay, Maréchal, Vallée et Blanc-Garin.

Paillard confirme son premier rang dès la prise des entraîneurs, alors que Lacquehay passe Brossy, imité au tour suivant par Maréchal.

Les escarmouches se poursuivent : attaque de Maréchal contre Lacquehay qui résiste et prend du champ; accélération de Blanc-Garin, parti sagement qui déborde Vallée sans que celui-ci ne lui résiste; approche de Blanc-Garin, encore lui sur Brossy sans pourtant chercher à passer.

Paillard mène aux 10 km, en 8'46"2/5 avec Lacquehay à dix mètres, lequel vient de repousser une nouvelle charge de Maréchal.

Par contre, Blanc-Garin supplante Brossy pour la quatrième place.

Paillard roule toujours à belle allure.

Au quinzième kilomètre, Maréchal attaque de nouveau Lacquehay, mais celui-ci résiste bien une fois de plus et Maréchal n’insiste pas.

A partir du vingtième kilomètre commence une course d’attente laquelle n’est pas du goût du public qui commence à siffler.

Mais cette manifestation n’a pas l’air de causer une trop grande impression aux concurrents qui continuent à tourner au train.

Après les 30 km (25'51"par Paillard), Blanc-Garin se décide à attaquer Maréchal sans que cela ne vienne influer sur la ronde qui se poursuit à une allure qui n’est pas de nature à inquiéter les records : 34,900 km dans la demi-heure, les 50 km en 42'55"2/5, l’ordre des passages à la mi-course s’établissant comme suit : Paillard en tête, Lacquehay à 25 mètres, Maréchal à 40 mètres, Blanc-Garin à 60 mètres, Brossy à 350 mètres, Vallée à 425 mètres.

Blanc-Garin part alors au sprint, mais sans autre résultat que de « pousser » Maréchal sur Lacquehay et Lacquehay sur Paillard.

Les positions essentielles de la course se resserrent, mais sans bouleversement.

Au soixantième kilomètre, Blanc-Garin récidive sans plus de succès. Paillard couvre 69,950 km dans l’heure.

Le cap des 70 km voit une nouvelle offensive de Blanc-Garin, toujours sans résultat mais il est le seul à animer la course.

Enfin, au quatre-vingtième kilomètre, les grands ténors entrent en action. Lacquehay lance deux assauts sur le leader qui répond à chaque fois. Maréchal rapplique à son tour et les trois premiers vont se suivre à vingt mètres.

Mais Paillard réussit à remettre de la distance, et la fin de course arrive sans autre changement.

Paillard termine à toute allure et n’est plus inquiété.

Douze mille spectateurs s’étaient déplacés malgré l’incertitude du temps. La course de 100 kilomètres qui se joua pour cette raison en début de programme perdit de son intensité après quarante-cinq tours.

Paillard, à qui le sort avait dévolu de partir en tête, conserva celle-ci sans être attaqué sauf pendant les vingt derniers kilomètres où il n’eut qu’à hausser son rythme pour mettre ses rivaux à la raison.

Il a ainsi affirmé ses prétentions à conserver son titre de champion de France. Lacquehay fut, comme à son ordinaire très régulier. Maréchal ne manqua pas de cran.

Mais la tactique qu’ils adoptèrent, tous les deux en réservant leurs attaques dans les trente derniers tours n’était pas de nature à prendre Paillard en défaut.

Blanc-Garin, par ses attaques endiablées et répétées fut le grand animateur de la course et acclamé pour sa combativité.

Vallée ne se signala que par un petit effort pour passer Brossy, tout à la fin.

Tous deux eurent un rôle secondaire et ils ne doivent sans doute qu’au train assez quelconque adopté par les leaders pendant les trois-quarts de la course de ne pas avoir été doublés.

 

 

 

 

 

 

3ème épreuve - Dimanche 19 Juin1932 - Paris - vélodrome du Parc des Princes 

 

1-04 Georges Paillard

entr. Maurice Guérin

les 100 km en 1h 20'55"3/5

2 02 Charles Lacquehay

entr. Marcel Besson

  à   2 tours   50 mètres

3-06 René Brossy

entr. Joseph Paillard

  à   6 tours

4-03 Jean Maréchal

entr. Maurice Jubi

  à   8 tours 200 mètres

5-05 Alexis Blanc-Garin

entr. Henri Lallier

  à   8 tours 350 mètres

6-01 François Vallée

entr. Victor Philippe

  à 15 tours

La course : Le tirage au sort a donné Vallée partant le premier, devant Lacquehay, Maréchal, Paillard, Blanc-Garin, et Brossy.

Dès la prise d’entraîneurs, Maréchal tente d’attaquer Lacquehay, vainement. Mais il récidive peu après et d’un magnifique effort, il passe son rival direct.

Subitement, le moteur de la moto de Besson grippe et l’entraîneur de Lacquehay s’écroule à l’entrée du virage après la ligne. La chute est sans gravité et il peut enfourcher la moto de secours, mais son coureur perd quatre tours.

Vallée reste en tête aux 10 km (8'32"2/5). Lacquehay s’est remis en action et reprend un tour à ses adversaires. Mais voilà que Paillard se déchaîne, lance un sprint étourdissant et passe coup sur coup Maréchal et Vallée, qui décolle.

Paillard pointe alors en tête aux 20 km en 16'28". L’allure est extrêmement rapide. Blanc-Garin et Vallée sont doublés et descendent aux quatrième et cinquième places. Peu après les 20 kilomètres, la courroie de la moto de Jubi saute et Maréchal compte trois tours de retard au moment où il reprend sa place.

Aux 30 km, Paillard (24'9"4/5) a déjà doublé tous les autres. Brossy est à 1 tour, Lacquehay et Blanc-Garin à 3 tours, Maréchal à 4 tours, Vallée à 6 tours.

Paillard couvre 37,370 km dans la demi-heure (record) et passe les 40 km en 31'57" (record). Ces temps démontrent l’allure à laquelle Paillard mène à présent sa course et soulignent le mérite de Brossy à se maintenir en excellente position, non loin du leader. Malgré le train rapide, Lacquehay porte l’assaut contre Paillard. Les deux hommes luttent au coude-à-coude durant tout un tour et, dans une suprême détente, Lacquehay réussit à se dédoubler.

Paillard passe les 50 km en 39'55"3/5 (record). Lacquehay continue sa remontée et le voici de nouveau derrière Paillard : à 50 mètres, puis 25, puis 10. Et Lacquehay tente l’estocade, mais cette fois Paillard échappe au duel, d’autant que son adversaire est gêné par Blanc-Garin qui ne veut rien savoir pour céder sa position.

Lacquehay reperd une cinquantaine de mètres. Un nouveau record s’affiche pour Paillard au passage des 60 km, en 48'5"1/5 où Lacquehay a enfin passé Blanc-Garin et revoit Paillard devant lui. Après les 70 km en 56'15"4/5 (record pour Paillard), Lacquehay lance une nouvelle charge contre le leader qui répond bien.

Quant aux autres, ils sont désormais hors des débats. Paillard continue sa chasse victorieuse aux records : 74,545 km dans l’heure, les 80 km en 1h 4'26"1/5.

Les tours se succèdent à toute allure sans changement dans le classement et après le record des 90 km en 1h 12'46"4/5, Paillard et Lacquehay terminent dans l’ordre à vive allure, suivis de Brossy tandis que Maréchal, Blanc-Garin, et Vallée finissent difficilement. Mr Achille Legros, président de la commission sportive de l’U.V.F. remet le maillot tricolore à Paillard sous les ovations du public.

 

En enlevant les trois épreuves du championnat, Georges Paillard est pour la cinquième fois champion de France de demi-fond, la quatrième consécutivement, avec le record des 100 kilomètres (rouleau à 0,60 mètre). Il a cette fois encore affirmé sa supériorité actuelle sur tous les stayers, Français et étrangers, sur un rythme soutenu, battant tous les records à partir des 40 km, poussé par le duel intense livré avec Lacquehay du soixante-sixième tour jusqu’à la fin.

Lacquehay fit une exhibition superbe. Il eut la malchance de perdre quatre tours à la suite de la panne et de la chute de son entraîneur. Il parvint à effacer une partie de son retard en se dédoublant deux fois, mais il semble qu’il aurait malgré tout difficilement battu Paillard qui n’avait pas réellement résisté sur les deux premières attaques. Brossy figura honorablement et occupa longtemps la seconde place en talonnant Paillard, mais il céda à Lacquehay après la mi-course. Maréchal, victime lui aussi d’une panne de moto de son entraîneur, brilla au début en prenant le dessus sur Lacquehay. Vallée, en tête durant les quarante premiers tours et Blanc-Garin ne tinrent pas la distance.

 

       

 

 

Ainsi, pour la deuxième fois, comme en 1929, année de création de la formule du championnat en trois épreuves gagnantes avec épreuve finale éventuelle entre les deux ou trois lauréats successifs, Paillard a réussi l’exploit de s’adjuger les trois manches du titre national.

Il n’y a donc pas eu lieu d’inscrire une « belle » pour les stayers au programme de la journée tricolore finale du dimanche 17 Juillet, à la différence des sprinters qui eux, se sont partagés successivement les lauriers des épreuves de vitesse : Gérardin (15 Mai), Michard (5 Juin) et Faucheux (19 Juin).

Au menu de cette ultime réunion, qui attribuera à Louis Gérardin son premier maillot de champion de France, figure la revanche du championnat de demi-fond que remporte Charles Lacquehay qui confirme  qu’il est bien le rival numéro 1 de Paillard en cette saison de plein air.

 

 

Revanche du championnat de France de demi-fond - Dimanche 17  Juillet1932 - Paris - vélodrome du Parc des Princes 

 

1-01 Charles Lacquehay

entr. Marcel Besson

100 km en 1h 22'42"2/5

2-05 Georges Paillard

entr. Maurice Guérin

  à   200 mètres

3-03 Jean Maréchal

entr. Maurice Jubi

  à  1 tour   150 mètres

4-06 André Raynaud

entr. Victor Philippe

  à  2 tours 100 mètres

5-04 Robert Grassin

entr. Maurice Ville

  à  2 tours 250 mètres

6-02 Auguste Wambst

entr. Pierre Deliège

  à  3 tours

La course : Auguste Wambst, Grassin et Raynaud ont été sélectionnés à la place de Blanc-Garin, Brossy et Vallée.

Une fois de plus Paillard semble devoir dominer. Parti en cinquième position, il remonte ses devanciers sans rencontrer de résistance et s’installe en tête aux 10 km (8'26"2/5), les 20 km en 16'29"1/5 et les 30 km en 24'30"3/5, 36,630 km dans la demi-heure, les 40 km en 32'41"1/5. Paillard a doublé tous ses concurrents, sauf Lacquehay parvenu à la seconde place, après s’être défait difficilement de Maréchal ,et avoir passé sans difficulté A. Wambst.

C’est alors que Paillard décolle en voulant doubler Lacquehay ce dont profitent A. Wambst et Grassin pour revenir dans le même tour. Paillard reste en tête aux 50 km, réalisés en 41'3"1/5 ; mais Lacquehay  s’est rapproché à cinquante mètres. Le duel décisif s’engage après les soixante  km entre Lacquehay et Paillard, lequel se heurte au barrage de A.Wambst. Sur la première attaque de Lacquehay, Paillard réagit, surprend Wambst et reprend du champ, mais la lutte reprend bientôt,  farouche.

Paillard et Lacquehay, éprouvés, décollent simultanément, mais ce dernier est le premier à revenir sur sa moto et s’empare de la première place, les 70 km en 57'55"2/5, 72,470 km dans l’heure.

 Lacquehay mène à présent et après les 80 km (1h 6'24") Paillard , placé à vingt mètres, s’apprête à l’attaquer, et c’est alors qu’il essuie un assaut de Wambst qui le fait lutter  alors qu’il est à deux tours, les 90 km en 1h 14'50" par Lacquehay.

A dix tours de la fin, Paillard , à nouveau n’est plus qu’à vingt-cinq mètres du leade,r qu’il pousse sur Grassin, mais le champion de France ne peut passer et Lacquehay n’est plus inquiété.

Lacquehay après une course ardemment disputée a donc remporté cette revanche du championnat de   France.

 

       

 

Sources de cette recherche : Le quotidien L’AUTO (en principal) , les hebdomadaires CYCLO-SPORT, MIROIR DES SPORTS , MATCH-L’INTRAN et la presse quotidienne PARIS-SOIR , LE PETIT JOURNAL , L’OUEST-ECLAIR etc   pour quelques précisions. (GALLICA-BNF et fonds personnels FB)

Concernant les listes d’entraineurs, nous ne disposons d’aucun programme de réunion. Le quotidien L’AUTO a publié la liste des entraîneurs pour les quatre finales (en comptant la première interrompue par la pluie), mais non pour les trois éliminatoires; ce que l’on peut déplorer compte tenu des deux éditions détaillant le programme des réunions d’inauguration du nouveau Parc des Princes.

Toutefois , la compilation des éditions de l’AUTO donnant le programme des grandes épreuves derrière grosses motos et des séances d’entraînement de janvier à avril au Vel’ d’hiv’, à Buffalo et sur la nouvelle piste du Parc livrée le 18 Avril  (Rubrique quotidienne « Echo des routes et des pistes ») a permis de renseigner avec certitude les pace-makers des vingt-et-un  postulants au titre national certains étant cités dans les faits de course ou les articles de  commentaires. Puechon et Bonney, tous deux entrainés par Colonna pour les séances du « Vél’d’hiv’ » étaient régulièrement entrainés par Lavalade et Colin (respectivement) à partir des séances en plein air dans les 5 dernières semaines précédant les éliminatoires. Un doute subsiste pour Sausin entrainé par Philippe, Jubi, Massicot puis à nouveau  Philippe, à la veille des éliminatoires.

 

 



16/11/2017
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