STAYER-FR PALMARES

STAYER-FR PALMARES

CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND 1937

Travail réalisé par François Bonnin

Toute reproduction – partielle ou non – de ce travail devra faire l’objet d’une demande spécifique auprès de STAYER FR

Nota : vous pouvez retrouver les palmarès du demi-fond dans le livre "Le demi-fond, Histoire d'une spécialité du cyclisme " ... à part"" 

disponible aux Editions de Phénicie  http://www.leseditionsdephenicie.fr/fr  ou directement via le site !

 

 

 

 

 

 

 

Communiqué du 3 décembre 1936 : Règlement modifié pour le demi-fond . Le championnat de France sera  disputé l’an prochain par quatorze sélectionnés et six coureurs seront admis en finale.

Communiqué du 17 mars 193 7:  Publication du nouveau règlement pour le championnat de France de demi-fond. Le championnat 1937 se courra entre quatorze coureurs sélectionnés répartis en deux  séries de 7. Les deux  premiers de chaque série seront qualifiés directement pour la finale . Une épreuve de repêchage réunira les coureurs classés 3ème, 4ème et 5ème de chaque  série et éventuellement tout coureur qu’un cas de force majeure aurait empêcher de se qualifier. Les deux premiers de ce repêchage seront qualifiés pour la finale qui sera donc courue par six hommes ainsi qualifiés. Toutes les épreuves auront lieu au Parc des Princes sur 100 kilomètres aux dates suivantes : séries : 25 avril, Repêchage : 13 mai, finale : 20 juin. Une feuille d’engagement pour les séries qualificatives sera  ouverte au quartier des coureurs du vel’d’hiv. Prix affectés à chaque série : 3000, 1500, 1000, 500 et 500 francs. Clôture des engagements le 30 mars.

Communiqué du 31 mars 1937 : la liste des stayers inscrits pour les engagements du championnat a été close sur le chiffre de 22 .

Communiqué du  1er avril 1937 : la commission sportive de l’U.V.F. a sélectionné dix  coureurs qualifiés directement pour le championnat : Lacquehay, A. Wambst, Grassin, Minardi, Lemoine, Blanc-Garin, Paillard, G. Wambst, Terreau et Sausin.

Les douze coureurs non sélectionnés devront confirmer leur engagement pour les éliminatoires du mercredi 21 avril qui attribueront les quatre dernières places pour les séries du championnat,  sur la  feuille ouverte à cet effet au quartier des coureurs du vélodrome d’hiver avant le mardi 6 avril 18 heures.

Communiqué du 8  avril 1937 La commission sportive a composé les deux séries éliminatoires pour les coureurs non sélectionnés comme suit :

1er éliminatoire : Guimbretière, Constant, Gonon, Vallée, Chimberg, Renaud.

2ème éliminatoire : A . Sérès, Maréchal, Monin, Joubert, Bisseron et Wuyard .

 

 

 

 

QUALIFICATIONS Dimanche 25 avril 1937 Paris (Vélodrome du Parc des Princes)

1ère série

1-06 Charles Lacquehay

entr. Marcel Besson

 100 km en 1h 21'17"3/5

2-04 François Vallée

entr. Félicien Van Ingelghem (BEL)

   à   8 tours

3-03 Georges Wambst

entr. Marcel Rollion

à 10 tours

4-02 Roger Bisseron

entr. Marcel Moreau

   à 12 tours

5-07 Robert Grassin

entr. Henri Lallier

à 17 tours

N.C.-01 Alexis Blanc-Garin

entr. Pierre Deliège

Abandon 40 km

N.C.-05 Henri Lemoine

 entr; Léon Vanderstuyft   (BEL)

Abandon 25 km

La course : Après les opérations de vérification des vélos par Edmond Lauthier assisté de Huneau, les concurrents se rangent dans l’ordre suivant : Blanc-Garin, Bisseron, Georges Wambst, Vallée, Lemoine, Lacquehay et Grassin. Il faut attendre quelques instants car la moto de l’entraîneur de Grassin est changée de titulaire, Jubi n’étant pas là, ce soin échoit à Lallier.

A la prise des entraîneurs, dès la sortie du premier virage, Vallée se fait passer par ses trois  suivants. Lemoine, lui, part au sprint et bien avant le cinquième tour vient prendre place immédiatement derrière Blanc-Garin.

Au dixième tour, la situation est : Blanc-Garin toujours premier devant Lacquehay, Lemoine, G. Wambst, Bisseron, Grassin et Vallée. Peu après , Lacquehay et Lemoine passent Blanc-Garin qui emmène un énorme développement, rétrograde en dernière position et se fait doubler. Lacquehay a pris la tête et passe les 10 km en 08'37"1/5, suivi de Lemoine et G. Wambst. Tous les trois doublent leurs adversaires: Vallée, par surprise, après le trente-deuxième  tour, puis Grassin, quatre tours plus loin et enfin, Bisseron ne peut résister à Lacquehay.

C’est ensuite Blanc-Garin qui perd un second tour. Vallée se remet en action, ainsi que Grassin, alors que Lacquehay passe le vingtième  kilomètre en 16'31"1/5, toujours suivi de Lemoine et G. Wambst. Ce dernier est ensuite rattrapé à son tour. Après les 25 kilomètres, les motos de Lallier, puis de Vanderstuyft s’arrêtent presqu’en même temps, n’ayant plus la bonne carburation. Lemoine et Grassin sont contraints de rouler sans entraîneurs, mais alors que Grassin peut reprendre la course, une autre moto étant mise rapidement à la disposition de Lallier, Lemoine est obligé d’abandonner, son entraîneur étant toujours sans moto.

G. Wambst est à nouveau doublé, ainsi que Vallée, Bisseron et Blanc-Garin, les 30 kilomètres sont atteints par Lacquehay en 24'37"3/5 et 37,215 kilomètres sont couverts dans la demi-heure. Grassin a repris la ronde mais accuse 12 tours de retard. Blanc-Garin abandonne alors qu’il compt ecinq tours de retard, les 40 km en 32'13"2/5 par Lacquehay.

A ce moment, G. Wambst est à trois tours, Vallée à trois tours et demi, Bisseron à quatre tours. Grassin toujours à douze tours. Vallée fait un beau retour. Il réussit à prendre l’avantage sur G. Wambst et passe en deuxième position, les 50 km en 40'21"2/5 par Lacquehay qui affirme sans cesse sa suprématie.

La bataille s’engage pour la seconde place après la mi-course où Vallée et G. Wambst sont à 4 tours, Bisseron à 6 tours et Grassin à 12 tours.

Dans les dix kilomètres qui suivent, Lacquehay s’octroie un nouveau tour d’avance sur G. Wambst, Bisseron et Grassin et abat les 60 km en 48'53"3/5. Il possède à présent cinq tours d’avance sur Vallée, six sur G. Wambst, sept sur Bisseron, treize sur Grassin.

Après les 70 km (56'59"1/5), Lacquehay sur de sa victoire, ne cherche guère à augmenter son avance, aussi ses temps sont-ils en retard de 3'23" sur les records. Le vent s’est aussi fortement levé. Bisseron a perdu 2 nouveaux tours. Lacquehay couvre 74,090 km dans l’heure, franchit les 80 km en 1h 04'40"4/5 et les 90 km en 1h 13'14"2/5. La course se termine, monotone. Lacquehay a gagné et Vallée doit couvrir ses huit tours de retard pour se qualifier.

2ème série

1-01 Auguste Wambst

entr. Georges Groslimond   (CH)

 100 km en 1h 22'56"4/5

2-02 Georges Paillard

entr. Maurice Guérin

   à 100 mètres

3-06 Ernest Terreau

entr. Alphonse Groslimond (CH)

à 250 mètres

4-07 Henri Sausin

entr. Henri Saugé

   à    1 tour   150 mètres

5-04 Louis Minardi

entr. Henri Lallier

à    3 tours

6-03 Aimé Constant

entr. Henri Demenou

à    4 tours

7-05 Henri Gonon

entr. Daniel Lavalade

à    7 tours

La course : L’ordre au départ est : A. Wambst, G. Paillard, Constant, Minardi, Gonon, Terreau et Sausin.

Après dix tours, Minardi est classé troisième alors que Constant qui occupait cette place ferme à présent la marche; positions inchangées pour les autres.

Peu après, Gonon supplante Minardi, mais Terreau les passe tous les deux et devient à son tour troisième.

Puis, Sausin fait un bel effort et vient se placer devant Terreau inquiétant même Paillard, les 10 km en 8'49" par A. Wambst, toujours en tête depuis le début.

Au seizième kilomètre, Sausin attaque Paillard, mais sans résultat. Et la course se poursuit toujours conduite par le duo de tête A. Wambst-Paillard aux passages suivants : 20km (17'10"), 30 km (25'03") et les 40 km en 33'56"2/5.

Terreau, revenu en troisième position attaque alors Paillard obligeant ce dernier à pousser A. Wambst qui accélère et double Gonon.

Mais si ce dernier laisse ensuite le passage à Paillard, il  « arrête » Terreau qui sera  passé par Sausin, les 50 km en 42'02"3/5.

Vers le 55ème kilomètre, Terreau repasse devant Sausin et récidive contre Paillard qui résiste et l’on arrive aux 60 km: 50'21"4/5 pour A. Wambst.

Par ses incessantes poussées, Terreau oblige A. Wambst et Paillard à activer. L’allure est maintenant très rapide malgré le vent.

Tous deux, ainsi que Terreau et Sausin, tournent autour des autres et les positions se stabilisent au fil des tours, les 70 km en 58'26"4/5, les 80 km en 1h 07'52"1/5 et les 90 km en 1h 15'10"4/5. Dans les 10 derniers kilomètres, Terreau fait à nouveau de beaux efforts et porte une ultime charge contre Paillard qui repart de plus belle.

Auguste Wambst part à son tour et faisant grosse impression double Minardi puis Sausin.  A.Wambst et G. Paillard confortent leur position et se qualifient.

Lacquehay, Vallée, Auguste Wambst et Paillard se sont qualifiés pour la finale du championnat. Dans la première série, Lacquehay s’est « promené » autour de ses adversaires. Parmi eux, Vallée, bien que dominé ; remonta plusieurs places et sa qualification qu’il enleva à partir du cinquantième  kilomètre apparut grandement méritée. Jusqu’à cette même distance Georges Wambst fut excellent et Bisseron, étonnant de cran, mais tous deux firent mauvaise impression après la mi-course. Lemoine courut avec aisance jusqu’au moment où une panne de moto le retarda dans des conditions telles qu’il ne pensait plus pouvoir se qualifier avec son retard, et l’amenant à renoncer.

Grassin surprit agréablement mais fut lui aussi handicapé par la défaillance de la moto de son entraîneur. Il fut cependant bien inspiré de reprendre la course, ce qui lui donnera le droit de tenter de se qualifier par le repêchage. A la différence de Blanc-Garin qui déçut en quittant la course alors qu’avec cinq tours de retard, il pouvait, sinon se qualifier, au moins espérer disputer ce repêchage.

Dans la deuxième série, les places furent plus chèrement disputées. Auguste Wambst a suivi un entraînement sérieux qui a porté ses fruits. Paillard a pris une excellente place de second.

Ayant tiré les numéros 1 et 2 au départ, ils menèrent du début à la fin et s’ils durent pousser un peu plus fort que Lacquehay dans la manche précédente, ils ne furent guère inquiétés que par l’infernal forcing d’Ernest Terreau. Georges Paillard en particulier eut à subir les assauts de Terreau, terriblement opiniâtre mais qui ne pouvait rien contre l’ancien champion du monde au mieux de sa forme, lui même devancé par un A. Wambst du meilleur cru, qui ne força son talent que dans les derniers tours.

Derrière Terreau, Sausin se montra accrocheur, mais fut visiblement décontenancé par l’agressivité du « teinturier volant ». Mais pour lui, comme pour Minardi, le manque de compétition se fit sentir. Tous les trois, qualifiés pour le repêchage se sont montrés supérieurs aux trois qualifiés de la première série. Constant et Gonon se trouvent éliminés du repêchage.

 

 

 

 

REPECHAGE - Dimanche 23 mai 1937 - Paris (Vélodrome du Parc des Princes)

1-05 Ernest Terreau Alphonse Groslimond   (CH)  100 km en 1h 24'42"4/5

2-06 Georges Wambst Marcel Rollion     à 250 mètres

3-03 Robert Grassin  Maurice Jubi    à 1 tour  200  mètres

4-01 Roger Bisseron  Marcel Moreau    à 2 tours 350 mètres 

5-02 Louis Minardi Henri Lallier    à  2 tours 400 mètres

6-04 Henri Sausin Henri Saugé    à 4 tours

La course : Bisseron part en tête, ayant tiré le numéro 1. La course débute de façon monotone,

Bisseron n’étant nullement inquiété dans les premiers kilomètres par son suivant

immédiat, Minardi, tandis que Sausin, parti lentement, rétrograde en dernière position.

On ne tarde pas à voir Georges Wambst se mettre en action et « pousser » Terreau sur Minardi

qui lui-même talonne Bisseron, contraint de venir sur Sausin.

G. Wambst parvient à « sauter » Terreau et Minardi et à venir à son tour menacer Bisseron.

Mais celui-ci se défend remarquablement, et G. Wambst est obligé de renoncer.

Terreau surgit alors et ayant imprimé une brève et puissante accélération passe G.

Wambst , puis vient détrôner Bisseron au 20ème  kilomètre. Dans le sillage de Bisseron,

G. Wambst passe également.

Peu après, Minardi crève et perd 2 tours. Sausin aura la même mésaventure quelques kilomètres plus loin.

Après la demi-heure (35,809 kilomètres), Terreau et G. Wambst sont solidement installés aux deux premières places,

les 40 km en 33'35"1/5 et continuent leur marche au succès. Grassin a pris l’avantage sur Bisseron

et s’est maintenu dans le même tour que les deux premiers, mais gêné

par Minardi, il n’a pu attaquer G. Wambst. Le vent soufflait violemment, il fallait pousser

et l’athlétique Terreau s’est promené après la mi-course ; Georges Wambst se

qualifie lui aussi pour la finale, mais il a peiné beaucoup plus que Terreau pour y parvenir.

Ce repêchage du championnat de France de demi-fond ne présenta qu’un intérêt assez restreint quand Sausin,

Minardi et Bisseron eurent épuisé – ce qui ne dépassa pas

les 20 kilomètres –leur puissance d’attaque, et quand Terreau, d’un effort violent se fut assuré

la première place en « sautant » G. Wambst et Bisseron ; il n’y eut plus à

vrai dire de course car le « teinturier volant » se contenta dès lors de surveiller ses adversaires.

Georges Wambst, sans inquiétude pour la seconde place , tourna au train en attendant impatiemment

la fin, d’autant plus que Minardi et que Sausin, dont les réveils auraient pu le mettre en mauvaise posture,

ayant crevé tous deux se trouvaient handicapés, l’un de 2, l’autre de 4 tours. Robert Grassin, le vétéran,

fit une course méritoire, attaqua avec adresse, se défendit assez vigoureusement pour n’être doublé

par Terreau que dans les cinq derniers kilomètres. On attendait mieux de Sausin. « Bibi » a l’excuse d’une crevaison.

Après les 50 kilomètres, il donna bien l’impression  de pouvoir combler son retard, mais ce ne fut qu’une illusion.

Bisseron a de l’allure mais ne tient pas, tant s’en faut, la distance. S’il avait eu un peu plus l’expérience du

demi-fond, il aurait pu rester en tête. Minardi court après une forme qui lui fait défaut depuis des mois.

Il fut en outre, lui aussi, arrêté par une crevaison.

Communiqué du 19 juin1937 : Lallier entrainera Georges Wambst pour la finale.

 

 

 

FINALE-  Dimanche 20 juin 1937 - Paris  (Vélodrome du Parc des Princes)

Course  interrompue  par la  pluie au 203ème  tour / 220 et remise au mardi 22 juin.

 -01 François Vallée  Félicien Van Ingelghem (BEL)   92 km  - -- -- ..

 -06 Charles Lacquehay Marcel Besson    à 20 mètres

 -04 Georges Paillard Maurice Guérin    à 2 tours

 -03 Georges Wambst Henri Lallier    à 2 tours 100 mètres

 -05 Ernest Terreau Alphonse Groslimond     (CH)   à  3 tours

 -02 Auguste Wambst Georges Groslimond     (CH)    à 6 tours

La course : L’ordre au départ fixé par le tirage au sort est le suivant: Vallée, A. Wambst, G. Wambst, Paillard, Terreau et Lacquehay.

A la prise des entraîneurs, Auguste Wambst « saute » son frère Georges, suivi de Paillard puis attaque Vallée qui décolle

et rétrograde en dernière position.

A. Wambst mène alors la ronde devant Paillard et tous deux bataillent à toute allure.

Mais au huitième tour, G. Wambst se lance, passe Paillard , arrive sur son frère et devient leader .

A. Wambst, en proie à la défaillance, devient avant-dernier, puis dernier tandis que Paillard se lance à la poursuite

de G. Wambst qui franchit les 10 km en 08'11"4/5.

Derrière lui la lutte est intense entre Paillard, Terreau et Lacquehay.

Paillard doit laisser passer Terreau et oppose une plus forte résistance à Lacquehay mais finit par décoller après deux tours de coude à coude.

Sur sa lancée Lacquehay passe Terreau sans opposition et lance 2 attaques infructueuses contre le leader après cinq tours de poursuite,

les 20 km en 16'06"2/5 par G. Wambst.

La lutte à quatre se poursuit sans répit d’abord pour la deuxième  place qui change deux fois de titulaire en six tours entre

Terreau et Lacquehay , puis c’est l’attaque brusquée de Lacquehay

vers le vingt-huitième kilomètre surprenant Georges Wambst qui décolle après un tour de coude-à-coude et perd la première place.

Mais à la  surprise générale, Paillard qui suivait à cent mètres , non seulement déborde G. Wambst, mais encore sprinte furieusement,

passe Lacquehay et s’empare du commandement, les 30 km en 24'14"1/5. Paillard

défend sa première place jusqu’à la demi-heure (37,272 km) devant Terreau, G. Wambst et Lacquehay lancés en poursuite. Vallée,

cinquième, ° se maintient dans le même tour sans participer à la lutte et A. Wambst, doublé par tous ses concurrents ferme la marche.

Au 88ème tour, Terreau surprend Paillard et sans trouver de résistance prend la tête aux

40 km en 32'14"1 /5. Mais presqu’aussitôt, il cède la première place à G. Wambst, avant de la reprendre au train dix tours plus loin.

Dans l’intervalle, au 42ème kilomètre, Lacquehay est entré à son tour en action.

En moins d’un tour, il bat Paillard, au bout de 2 tours il est sur Terreau et quelque cent mètres plus loin, redevient leader.

Le chassé-croisé reprend sans relâche entre la deuxième et la quatrième places mais si Terreau redescendu à la quatrième déborde Paillard

, il ne peut s’approcher de G. Wambst.

Lacquehay, qui ne force plus, mène aux 50 km en 40'02"4/5.

G. Wambst va à l’assaut de Lacquehay mais décolle avant d’arriver sur le leader et la course marque une

relative accalmie. Les concurrents tournent au train jusqu’aux 60 km et aucun changement

ne se produit dans les positions qui sont les suivantes : Lacquehay en 48'00"2/5, G. Wambst, Terreau, Paillard,

Vallée qui continue une course d’attente, sans faiblir et A . Wambst relégué désormais à trois tours.

G. Wambst échoue à nouveau contre Lacquehay et perd la seconde place au profit de Terreau.

Lacquehay est à présent freiné par Paillard qu’il tente de doubler à plusieurs reprises sans y  parvenir

et il doit éviter de justesse une attaque de Terreau.

Lacquehay atteint les 70 km en 56'12". G. Wambst est à nouveau 2ème. Lacquehay continue

de subir les charges de G. Wambst et Terreau et finit par céder à l’heure

de course où Georges Wambst réussit à s’imposer (74.630 km). Terreau suit,

devant Vallée qui produit un retour en force tandis que Lacquehay rétrograde à la quatrième place.

La course parait à présent se dessiner en faveur de G. Wambst qui file à vive allure.

Terreau perd du terrain et cède la deuxième place à Vallée.

G. Wambst passe les 80 km en 1h 04'14"1/5, double Terreau et Paillard et arrive sur Lacquehay (83ème kilomètre).

Brusquement la moto de Lallier s’arrête et G.

Wambst roule seul. A vingt-cinq tours de la fin, Vallée est arrivé en tête, talonné par Lacquehay.

G.Wambst est reparti avec deux tours de retard derrière Paillard.

Seuls Vallée et Lacquehay restent en course dans le même tour et Vallée a 100 mètres d’avance. 

Dix-neuf tours avant la fin, la pluie se met à tomber. Le ciment est bientôt mouillé et deux tours plus loin,

les commissaires arrêtent la course, la piste devenant dangereusement glissante. 

Au moment de l’interruption, François Vallée était au commandement et pour beaucoup faisait figure de vainqueur presque certain.

Après s’être tenu en cinquième position durant les trois-quarts de la course, avec une belle régularité puisqu’il suivait le train et n’était pas doublé,

il ne se décida à forcer quelque peu l’allure qu’à 45 tours de la fin quand il constata que Lacquehay, Paillard et Terreau,

épuisés par leurs efforts répétés donnaient des signes manifestes de défaillance.

Ayant montré une belle patience , il effectua  un retour foudroyant, passa alors 2ème et lorsque la moto de Georges Wambst tomba en panne,

il se retrouva  en tête à 11 kilomètres de l’arrivée avec le seul Lacquehay à ses trousses .

Il avait alors donné l’impression d’être l’égal des meilleurs et ne semblait pas disposé à céder sa place.

Lorsque l’averse survint et le dernier duel tourna court. Georges Wambst était sans doute le meilleur du jour,

car après une heure de chassé-croisé avec Lacquehay, Terreau et Paillard, il s’installa au

commandement et se détacha inexorablement en doublant ses adversaires, sauf Vallée et Lacquehay,

lorsqu’une panne de moto lui fit perdre 2 tours. L’interruption de la

course par la pluie lui offre une nouvelle chance et il fera figure de grand favori de la reprise qui s’annonce car il a vraiment

donné l’impression d’être le plus fort et le plus ardent.

Jusqu’alors, Lacquehay avait attaqué sans relâche. Leader éphémère au 28° kilomètre, il le redevenait plus durablement à mi-parcours,

résistant aux attaques pendant cinquante tours avant de céder au retour de Georges Wambst à l’heure de course

et il était ensuite le seul à se maintenir dans le même tour que Vallée au moment de l’arrêt.

Georges Paillard se ressentit de la lutte qu’il livra dans les dix premiers kilomètres avec les frères Wambst et lorsqu’il se remit en action pour prendre le

commandement entre les 30ème et 40ème kilomètres, il ne put résister à l’attaque de Terreau.

Par la suite, il fut doublé par Georges Wambst après le 80ème kilomètre.

Terreau, également en tête, à deux reprises entre le 40ème et le 50ème kilomètre ne fut pas ménagé par ses rivaux et lui aussi fut doublé.

Auguste Wambst était dans un mauvais jour.

Son départ-éclair à la prise des entraîneurs fut un feu de paille. Ayant perdu deux tours dès la mi-course, il fut ensuite régulièrement doublé.

Conformément au règlement, la finale du championnat de France de demi-fond devra être entièrement recommencée.

Le nouveau départ sera donné mardi soir 22 juin à 18 heures, pour 100 kilomètres

 

 

FINALE recourue mardi 22 juin 1937 - Paris (Vélodrome du Parc des Princes)

1-05 Ernest Terreau

entr. Alphonse Groslimond   (CH)

 100 km en 1h 20'30"

2-03 Georges Wambst

entr. Henri Lallier

   à  20 mètres

3-06 Charles Lacquehay

entr. Marcel Besson

  à 230 mètres

4-02 Auguste Wambst  

entr; Georges Groslimond     (CH)

à 2 tours  50 mètres

5-01 François Vallée

entr. Félicien Van Ingelghem (BEL)

   à 2 tours 250 mètres

6-04 Georges Paillard

entr. Maurice Guérin

   à 4 tours

La course : Ordre au départ inchangé par rapport au dimanche. On assiste à deux faux départs, le premier à la suite d’une chute de G. Wambst provoquée par l’entraineur qui le précédait, G. Groslimond qui venait d’entrer en contact avec la balustrade et s’était lui-même blessé ; le second par suite d’une prise anticipée de son entraineur, le même G. Groslimond, par A. Wambst. Sur le bon départ, la lutte pour les positions s’engage derrière Vallée qui reste en tête après que A. Wambst, parvenu au second rang, l’ai vainement attaqué au 20° tour. Aux 10 km, les passages se font dans l’ordre suivant : Vallée (08'07"4/5), A.Wambst, Paillard, Lacquehay, Terreau, G. Wambst. L’empoignade continue, aussi bien à l’avant où A. Wambst échoue encore contre Vallée, qu’à l’arrière : G. Wambst remonte de la 6° à la 4° place et vient talonner Lacquehay. Celui-ci ne tarde pas à devenir 2ème après avoir battu A. Wambst, derrière Vallée qui mène toujours, les 20 km en 15'45"2/5. A son tour, Georges Wambst passe son frère et se hisse à la 3ème place. C’est le seul changement avant le seuil des 30 km franchi par Vallée en 23'30". Les hostilités reprennent alors: G. Wambst talonne Lacquehay et Terreau « saute » Paillard qui devient dernier et que Vallée s’apprête à doubler. Le leader se décide enfin à passer mais il commet l’erreur de continuer sur Terreau et il décolle légèrement. Ce sera sa perte car Lacquehay le passe immédiatement de même que G. Wambst qui a suivi. Vallée est relégué en 3° position. Il veut alors résister au retour d’A. Wambst, décolle encore et se retrouve doublé par Lacquehay et G. Wambst. Lacquehay mène désormais, couvre 36,025 km dans la demi-heure et passe les 40 km en 31'33"2/5. Peu après, G. Wambst lance l’offensive contre Lacquehay pour la première place mais décolle avant d’arriver à la hauteur de son adversaire. Lacquehay passe les 50 km en 39'37". Le « frelon » récidive mais ne réussit qu’à « pousser » Lacquehay sur Terreau qui n’est pas encore doublé. A la 3ème attaque, G. Wambst semble sur le point de devoir réussir, mais Lacquehay s’enfuit, passe coup sur coup Terreau et A. Wambst tandis que son assaillant décolle. Toutefois, G. Wambst s’est replacé rapidement. Il repart, double également A. Wambst, mais vient encore échouer sur Lacquehay. La bataille est très dure, G. Wambst continue de mettre Lacquehay à l’ouvrage. Vallée et Terreau en profitent pour se dédoubler. Vallée devient 3° devant Terreau, A. Wambst et Paillard étant doublés, les 60 km en 47'45" par Lacquehay. Une nouvelle attaque de G. Wambst est encore vouée à l’échec et Terreau résiste toujours à la pression du leader. La ronde se poursuit, les 70 km en 55'49"2/5, 75,125 km dans l’heure et les 80 km en 1h 03'59"4/5 par Lacquehay. Georges Wambst et Vallée suivent dans la même ligne droite . A 28 tours de la fin, G. Wambst donne le signal de la bataille finale. Il arrive encore sur le leader qu’il « pousse » sur Terreau mais ne prolonge pas son effort ; ce que voyant, Vallée bondit et « saute » G. Wambst. Mais son entraîneur recommence l’erreur de l’emmener tout de suite sur Lacquehay, et c’est une fois de plus la catastrophe ! L’infortuné Vallée décolle, il est aussitôt repris par G. Wambst, puis par Terreau et devient 4°, Lacquehay atteignant les 90 km en 1h 12'33". Lacquehay, G. Wambst et Terreau doublent Vallée. A 12 tours de la fin, G. Wambst talonne toujours Lacquehay et derrière , Terreau revient très fort. A 10 tours, G. Wambst est à la hauteur de Lacquehay mais comme précédemment, il quitte le rouleau. Simultanément, Terreau arrive, passe en trombe G. Wambst et bat plus difficilement Lacquehay qui lui aussi décolle. Voilà Terreau en tête à 8 tours de l’arrivée ! Georges Wambst, redevenu 2ème poursuit le nouveau leader, mais il est trop tard. Terreau fonce vers l’arrivée. Il est champion de France. Lorsque Mr Achille Legros, président de la commission sportive de l’U.V.F eut passé le maillot tricolore à Terreau, une minute de silence fut observée par les 25 000 spectateurs du Parc des Princes à la mémoire d’André Raynaud.

Après la course de dimanche, extrêmement spectaculaire mais quelque peu décousue, l’on retrouva en tête les trois meilleurs de l’avant-veille, plus Terreau qui s’améliora de kilomètre en kilomètre à partir de la mi-course. Longtemps menacé, par le rythme imposé en tête, il eut le mérite de ne pas être doublé (sauf brièvement) et à 12 tours de la fin, il effectua un retour fulgurant avant de forcer la victoire par un sursaut d’énergie dans les six derniers tours. L’arrivée était alors trop proche pour que ses adversaires aient le temps d’organiser la riposte. Ernest Terreau, l’homme du Critérium des As à Longchamp, le spécialiste derrière les motos commerciales s’est donc adapté aux grosses motos et le voici champion de France de demi-fond.

François Vallée a prouvé que sa belle sortie de dimanche n’était donc pas un heureux concours de circonstances. Vallée, parti en tête, résista d’abord aux attaques d’Auguste Wambst, mais son entraîneur l’ayant conduit trop fort à l’attaque, il décollait une première fois et perdait un tour. Mais au contraire du dimanche où il avait fait une course d’attente, il fut de toutes les actions et lorsque les leaders commencèrent à s’épuiser, il refit le terrain perdu, se dédoubla et battit G. Wambst. Mais pour la seconde fois il décollait, Van Ingelghem, l’ayant amené trop vite sur Lacquehay, et la course était alors irrémédiablement perdue. Sans ces deux fautes de « Papyrus » son entraineur, Vallée passait et s’installait en tête à 15 tours de la fin. Il semble bien alors que la course se serait terminée à son avantage. Georges Wambst fut l’autre grand battu du jour. Il confirma sa belle course de dimanche et après la panne de moto et la pluie, sa chute au départ ce mardi l’a privé d’une victoire fort probable car il se ressentait terriblement de sa blessure au poignet. Lacquehay, solide leader après la demi-heure atteignit les limites du courage et pouvait prétendre lui aussi enlever le titre. Mais éprouvé par les attaques de Vallée et surtout de G. Wambst, le sprint final de Terreau eut raison de sa résistance. Auguste Wambst se racheta quelque peu de sa   course manquée du dimanche, mais après avoir échoué à disputer la première place à Vallée durant les 20 premiers kilomètres, il perdit 2 tours coup sur coup après la mi-course. Quant à Paillard, il fut cette fois dominé, relégué après les 30 kilomètres à une dernière place qu’il ne quitta plus.

NOTA. Sources consultées pour cette recherche : Le Quotidien L’AUTO , et les hebdomadaires CYCLO-SPORT (pour la première contribution de Patrick Police) et MIROIR DES SPORTS . Nous soulignerons également l’intérêt de la presse quotidienne généraliste pour certains détails. Ainsi, l’absence de Jubi pour entraîner Grassin et son remplacement par Lallier lors des séries est clairement mentionnée par le compte rendu de l’INTRANSIGEANT qui à l’exemple de ses confrères PARIS-SOIR et L’OUEST-ECLAIR apportait des compléments d’information utiles par rapport à la presse sportive spécialisée. (Bases documentaires : GALLICA-BNF et fonds personnels des contributeurs)

Les listes des entraîneurs ont été publiées par les numéros de présentation de L’AUTO pour les 2 séries qualificatives, le repêchage et les 2 éditions de la finale. Nous ne disposons à ce jour d’aucune liste officielle des entraineurs des dix non-sélectionnés ayant disputé les éliminatoires des 21 et 22 avril. Nous avons pu identifier avec quasi certitude ceux de Bisseron, Chimberg, Gonon , Monin, A. Sérès et Vallée en étudiant les séances d’entrainement au Vel’d’hiv, au Parc et à Buffalo relatées dans la rubrique « Echo des pistes » de L’AUTO ces 6 coureurs ayant été régulièrement assidus à ces séances avec le même entraineur du 1° janvier au 20 avril 1937 ainsi que pour les compétitions où ils étaient engagés. Un doute subsiste pour Constant entraîné par G. Groslimond jusqu’à la veille des éliminatoires avant de retrouver son pace-maker attitré, Demenou pour les qualifications. Par contre, la désignation des entraîneurs de Renaud (entrainé par Jubi à la veille des épreuves d’avril , mais auparavant par Moreau et Massal) et surtout Maréchal (Saugé ?   Lavalade ?) et de Joubert (Joseph Paillard ? Lavalade ? Van Ceulen ? Saugé ? Jubi ?) le jour des séries reste très incertaine sauf à disposer un jour du programme de l’organisation. Ces deux coureurs sont très peu mentionnés dans les séances d’entrainement et dans aucune du mois d’avril et de surcroit ils se sont présentés avec différents entraîneurs dans les (rares) séances d’entrainement et compétitions dans lesquelles ils apparaissent.

 

 

 



18/01/2018
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