STAYER FR PALMARES

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CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND PROFESSIONNELS 1912

Travail réalisé par Patrick Police 6 site STAYER FR

 

Toute reproduction – partielle ou non – de ce travail

devra faire l’objet d’une demande spécifique auprès de STAYER FR

 

Nota : vous pouvez retrouver les palmarès du demi-fond dans le livre "Le demi-fond, Histoire d'une spécialité du cyclisme " ... à part"" 

disponible aux Editions de Phénicie  http://www.leseditionsdephenicie.fr/fr  ou directement via le site !

 

 

CHAMPIONNAT DE FRANCE  DE DEMI-FOND PROFESSIONNELS

100 km derrière  motocyclettes - rouleau à 40 centimètres

Dimanche 9 Juin - Paris - vélodrome du Parc des Princes 

 

Parent, le triple champion de France, a suspendu sa réponse quant à sa participation compte tenu des exigences militaires dont il est l'objet.

Il s’inscrira le 5, en même temps que Rudolphe.

Collin, l’entraîneur de Darragon, se blesse quant à lui gravement au doigt le matin même de la course.

Pour tous les observateurs, Darragon est le favori, surtout sur la piste sur laquelle il excelle, même si Guignard sort d’une série de cinq courses victorieuses en Allemagne (où les conditions de course ne sont pas les mêmes, notamment en matière de distance du rouleau).

Enfin, fait notable, le Cinéma Gaumont filmera les principaux faits de course.

Compte tenu du nombre de coureurs au départ (neuf), la Direction du Parc des Princes a décidé de procéder à un tirage au sort pour déterminer la place des coureurs au départ. Les coureurs en ligne, le départ sera donné aux entraîneurs placés en file indienne dans l’ordre de leurs  coureurs, conservé jusqu’à la sortie du petit virage. Les coureurs devront rester en file indienne jusqu’à la ligne opposée, tout ceci pour éviter tout risque d’accident.

 

  1. Paul Guignard – entr. « Gussie » Lawson (EUA) - les 100 km en 1h 20’8’’
  2. Louis Darragon – entr. .. ? Collin et .. ? – à 300 m
  3. Daniel Lavalade – entr. .. ? Pasquier – à 8 t
  4. Achille Germain « de La Flèche » - entr. .. ? Dussot – à 15 t
  5. Julien Rudolphe – entr. .. ? Naso – à 16 t
  6. Emile Bouhours – entr. Honoré Fossier – à 16 t

 

 

N.C. : Léon Didier – entr. .. ? André ; Georges Parent – entr. .. ? Caudrillier ; Henri Contenet – entr. .. ? Barraud

 

La course : Ordre de départ : Parent/Guignard/Bouhours/Germain/Lavalade/Didier/Daragon/Contenet/Didier/Rudolphe.

Parent conserve le commandement pendant que Didier « brûle » Guignard et que Darragon passe bientôt et Guignard et Didier, devenant troisième.

Les 10 km en 8’9’’2/5, Contenet, dont c’est le retour après une longue absence pour cause de pratique de l’aviation étant déjà doublé.

Puis Lavalade attaque Parent et le passe, Darragon devenant second alors que le vétéran Bouhours, qui jusque-là était dans le même tour que ses adversaires, est victime d’une crevaison.

Darragon, second désormais, doit changer d’entraîneur, compte tenu de l’état de souffrance de son entraîneur Collin.

Les 30km en 23’41’’3/5 et Darragon, devenu troisième après avoir débordé Parent, se rapproche de Guignard, qui entretemps s’est emparé du commandement de la course.

Guignard, Darragon, Lavalade et Parent sont dans le même tour, Didier à un tour.

Trente-huit kilomètres et cinq cents quatre-vingt- cinq mètres ont été accomplis dans la demi-heure.

Lavalade décolle bientôt, et change d’entraîneur, perdant un tour dans la manœuvre, pendant que Darragon a repris son entraîneur Collin, et revient à trente mètres du leader. Les 50 km en 39’35’’3/5, et Darragon change d’entraîneur alors qu’on enregistre l’abandon de Parent, que son statut de militaire n’a pas permis de se préparer au mieux pour la course, à l’évidence.

Aux soixante-dix kilomètres, courus en 55’37’’1/5, Darragon effectue un nouveau rapproché sur Guignard, mais ce dernier relance son allure jusqu’à le doubler et lui prendre un demi-tour.

Les 80 kilomètres en 1h 3’31’’1/5, et Didier, très décevant finalement, quitte la course.

Aux 90km, réalisés en 1h 11’44’’4/5, Darragon, qui, jusqu’ici, se tenait à distance de Guignard, active et revient en un tour et demi sur son adversaire, puis le dépasse. Il lui reste cinq tours pour reprendre son tour perdu sur l’homme de tête, dont l’entraîneur américain « Gussie » Lawson est en délicatesse avec le rouleau de sa moto suite à la perte d’une entretoise.

A la cloche, Darragon est à un demi-tour, son rapproché, sur l’interminable (666 mètres) piste du Parc des Princes a été trop tardif.

Paul Guignard, sur la brèche depuis près de deux décennies est un surprenant champion de France. Sa performance est toutefois accueillie avec bienveillance par le journal l’Auto, dont il est un peu le « chouchou ».

Toutefois, Louis Darragon porte une réclamation une fois la course achevée, contre « Gussie » Lawson, l’entraîneur de Guignard. Il affirme que celui-ci a placé une planchette de quarante centimètres de long sur huit centimètres de large, faisant coupe-vent et constituant de ce fait un abri  illicite, planchette dont il s’est débarrassé avant la fin de la course.

Le 12 Juin, la Commission Sportive de l’U.V.F. ne peut solutionner le problème, Lawson étant absent de Paris, et le jugement est remis à huitaine.

Le 19, après audition de cinq témoins et de l’agent de service, une nouvelle fois la décision est remis à huitaine.

Le mercredi 26 enfin, après avoir écouté Louis Darragon, Paul Guignard, les entraîneurs Pasquier et Lawson, ainsi que des témoins, pris connaissance des déclarations écrites d’autres témoins et pris en compte les déclarations de l’agent de Police service, la Commission conclut :

  • Lawson a bien lancé une planchette à l’extérieur de la piste à l’issue du championnat, planchette équipée d’un collier de fixation
  • Les commissaires ont constaté que cette planchette s’adaptait parfaitement à la seule machine de Lawson
  • Les commissaires ou les concurrents ne sont pas en mesure de certifier avoir vu cette planchette fixée sur la moto, et n'ont décelé aucune trace sur la peinture de la moto de celle-ci

  

La Commission Sportive n’a pas trouvé de trace de frottement sur la moto, la peinture de celle-ci étant intacte.

Elle est dans l’impossibilité de certifier que Lawson a fait usage de cette planchette, faisant ainsi profiter son coureur Guignard d’un abri illicite.

Elle décide par conséquent d’homologuer le résultat de ce championnat de France.

 

Cette décision, qui, curieusement, ne fera pas l’objet de commentaires dans le journal l’Auto, si prompt d’habitude à commenter avec luxe de détails les performances des coureurs, jette tout de même un doute sur la performance de Paul Guignard, athlète vieillissant dont il est difficile d’affirmer qu’il est d’une valeur athlétique comparable à celles d’un Darragon ou d’un Parent.

 

Sources : L'Auto et Bulletin de l'U.V.F. Juillet 1912

 

 



22/05/2018
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