STAYER-FR PALMARES

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CHAMPIONNAT DU MONDE DE DEMI-FOND PROFESSIONNELS 1905

 

Travail réalisé par Patrick Police site STAYER FR

Toute reproduction – partielle ou non – de ce travail

devra faire l’objet d’une demande spécifique auprès de STAYER FR

 

Nota : vous pouvez retrouver les palmarès du demi-fond dans le livre "Le demi-fond, Histoire d'une spécialité du cyclisme " ... à part" " 

 

disponible aux Editions de Phénicie  http://www.leseditionsdephenicie.fr/fr  ou directement via le site !

 

 

CHAMPIONNAT DU MONDE DE DEMI-FOND PROFESSIONNELS

100 km derrière tandems à pétrole et motocyclettes

Lundi 24 Juillet - Anvers - piste de Zurenborg

 

La course, prévue pour se dérouler le dimanche 23 aura finalement lieu - pour cause d'intempéries - le lendemain.

Une énorme polémique naît suite à la décision de l'U.C.I. d'autoriser au Hollandais Dickentman l'utilisation de son volumineux tandem d'entraînement de 40 cv,dispensiateur d'un abri conséquent. La réclamation de Robert Walthour ne sera pas même examinée lors du congrès tenu le 22 à Anvers.

 

  1. Robert "Bobbie" Walthour (EUA) - entr. "Gussie" Lawson (EUA) puis Franz Hoffmann (ALL) - les 100 km en 1h 18'54"
  2. Paul Guignard - entr. ... ? Bertin (FRA) - à 5 t
  3. Piet Dickentman (P-B) - entr. ... ... ? (P-B) - à 7 t
  4. Willy Schmitter (ALL) - entr. ... ... ? - à 14 t
  5. Yvan Goor (BEL) - entr. .. ... ? - à 17 t
  6. Arthur Vanderstuyft (BEL) - entr. ... ... ? - à 24t
  7. Louis Luyckens (BEL) - entr. ... ... ? - x t

N.C : Thommy Hall (G-B) - entr. Franz Hoffmann (ALL) (ab. au 40 ème km); Peter Gunther - entr. ... ...? (ALL) (abandon au 12ème km; ... ? Anton Huber -(ALL) - entr. ... ... (abandon vers la fin de course)?  

La courseSeize heures : les coureurs et les teneurs sont alignés en deux lignes parallèles en retrait de la ligne de départ.

Tous les coureurs portent un casque protecteur. 

La lutte va se circonscrire devant 15 000 spectateurs, entre trois protagonistes : l'Américain Walthour, tenant du titre et grandissime favori, le Hollandais Dickentman, avantagé par son tandemn, et le Français Paul Guignard.

La prise des entraîneurs est fluide, malgré le nombre des concurrents en piste, et voit Hall prendre la tête. Pourtant, Dickentman se détache irrésistiblement, malgré la résistance de Walthour, visiblement limité avec son 58 x 11 dans son action par la puissance de l'engin d'entraînement loué à son arrivée en Europe.

Au bout de vingt tours, Dickentman a pris un tour à l'Américain.  Au cinquantième tour, Paul Guignard doit changer de machine, ce qui lui fait perdre quatre tours.

Pendant ce temps, Walthour lutte désespérément, fait "voyager " au maximum Dickentman lors de ses dépassements, mais décolle finalement et perd un tour supplémentaire.

Tommy Hall, qui souffre trop des séquelles d'une récente chute, va se retirer.

Ici, laissons l'Américain décrire sa course : "J'avais remarqué que Piet Dickentman fléchissait toujours après avoir emballé  la course à 80 km/h. Du coup, Lawson, mon entraîneur, avait pour mission de coller au plus près du Hollandais afin de rester le plus longtemps dans son sillage, car je me savais limité par la puissance de la moto que nous avions loué à Paris.

C'est en perdant encore un tour sur lui que je me suis mis à espérer qu'un concurrent quitte la course pour récupérer sa moto d'entraînement."

 

 

 " Toujours à 80 à l'heure, en milieu ou haut de piste car la corde était encombrée, ( à un moment nous nous sommes retrouvés à huit (!) dans le virage) j'en étais de ces pensées lorsque je me mis à ralentir vers le quarantième kilomètre pour aborder Tommy Hall qui n'avait à ce moment plus aucune chance de gagner, et je l'abordais : "Dites, Monsieur Hall, vous êtes hors du coup, non ? N'oublie pas que tu es marié, et que tu as toutes les chances aujourd'hui de te casser les reins dans ce bazar." "Et vous, vous avez bien une femme et quatre enfants, non ? Vous êtes bien fou de courir ici"  me répond-il; "Oui, mais moi je vais gagner ! " Hall me rétorque alors : l" Votre  moteur n'est pas assez fort. Il vous  faudrait le mien." Et alors son entraîneur Hoffmann de s'écrier : " 500 marks !" "Entendu ! Prenez-moi dans quelques tours !"

"J'avais trois tours et demi de retard lorsque Hoffmann est venu me "cueillir" . Et tout de suite, j'ai tourné à une seconde de moins au tour. Je hurle alors à Hoffmann en tombant sur l'équipage de Dickentman : "Attaquez ! Passez, coûte que coûte : je suivrai !" Résultat : trois tours au coude-à-coude avec Dickentman, pendant lesquels le public va faire trembler les tribunes. Ca vibre de partout, comme dans un tremblement de terre, avec  en plus Hoffmann qui me hurle : "Go ! Go on ! " On est passé, et en moins de trois kilomètres, nous le doublerons. Avant l'heure de course, au bout de laquelle on aura abattu 76km 470, nous nous retrouvons en tête. Nous n'aurons plus qu'à surveiller le Français Guignard, qui roule depuis le départ à une allure de métronome.

A vingt-cinq tours de la fin, c'est gagné, mais mes poignets me font souffrir maintenant. Au bout, ce sera le "Yankee Doodle", une ovation indescriptible, et plus tard, les télégrammes au pays.  Je ne me suis jamais senti aussi fort en course. Et voir le sourire suffisant du gros entraîneur allemand de Dickentman m'a rendu fou, vraiment. Je l'avais encore dit ce matin à Gussie Lawson : je peux battre Dickentman, et jamais on n'aurait dû l'autoriser à courir derrière ce tandem "

La presse ne tarit pas d'éloges sur le stayer américain : un "crack" "un vrai champion" "le stayer le plus extraordinaires jamais paru sur une piste".

La demi- heure de course : 38km 660. Dans l'heure 76.470 km ont été parcourus.

Sources : LVGA; l'Auto; Life in the slipstream d'Andrew M. Homan

 



01/12/2017
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